Les chasseurs dozos peuvent être considérés comme une police traditionnelle. A ce titre, tout le monde connaît leur importance en Côte d’Ivoire, au nord et singulièrement à Niakara. En effet, à maintes reprises, ils ont contribué à lutter contre le banditisme, suppléant de fort belle manière, la gendarmerie.
Mais aujourd’hui, si l’on n’y prend garde, leur réputation pourrait être salie au regard de l’agissement de certains des leurs. Ces derniers n’hésitent pas à faire usage de leurs cordes avec lesquelles ils se servent pour ligoter des individus au moindre soupçon.

Récemment de passage à Niakara, il nous a été donné de voir une scène de ligotage d’un jeune élève qu’ils avaient appréhendé dans les encablures d’un espace de distraction, avouons-le, qui n’est pas à conseiller à des adolescents à des heures tardives. Le jeune garçon, pourtant bien connu d’eux, a été sévèrement ligoté au point où les cordelettes utilisées lui ont causé une profonde blessure au bras droit. Cette situation est condamnable parce que nos braves chasseurs traditionnels savaient qu’ils n’avaient du tout affaire à un redoutable bandit. Cela fait au moins la deuxième fois qu’une telle affaire est sue de nous, la première étant le ligotage d’un agent de l’Etat, (un instituteur). Plus tard, nous nous rendrons compte que les raisons de leur agissement dont nous avons eu connaissance, étaient bien banales, (un simple règlement de compte).
Nos frères dozos doivent renouer avec avec leurs bonne pratiques qui leur ont valu respect et considération. En effet ils devaient constituer aujourd’hui un service d’ordre parallèle dans les villes et les villages, traquant délinquants, voleurs, trafiquants et coupeurs de routes. Donc des collaborateurs des forces régulières, (gendarmes, policiers, douaniers et eaux et forêts).
Dans un passé récent à Niakara, ces hommes, une fois qu’ils prenaient un individu suspect ou errant en ville à une heure tardive, le conduisaient au domicile où il est censé habiter. Après vérification, s’il est est prouvé qu’il habite le domicile indiqué, alors ils le laissaient entrer se coucher. A contrario, si l’individu ne parvenait pas à indiquer une habitation fixe, il le ramenaient à leur camp, passer la nuit avec eux pour « nécessité d’enquête ». Le suspect était par la suite remis dans les mains des forces de l’ordre. C’était simple et beau.
D’où vient-il que ces bons relais des corps habillés, qui ont pour vocation princière de traquer des animaux féroces et des bandits de grand chemin, qui ont fait leurs preuves à Niakara et alentours, aient aujourd’hui la cordelette à fleur de peau ?

Revoyez-vous, braves dozos. S’il y a parmi vous des brebis galeuses, travaillez à les extirper de vos rangs à Niakara.
JPH
N/B: Photos d’archives













