EMPLOI JEUNE/Trois jeunes entrepreneurs ayant bénéficié du C2D forcent l’administration à  Bouaké

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Une partie du don du Contrat de désendettement et de développement (C2D) en Côte d’Ivoire, a été retenue  pour soutenir et accompagner les jeunes vers l’auto-emploi. Dans ce cadre, une prise en charge de cette  frange importante de la population composée en majorité de personnes vulnérables au chômage pour leur réintégration  socioéconomique, a été élaborée à leur attention. Dans la cadre de l’exécution de ce projet, un partenariat a été signé avec l’AGEPE dans le but d’améliorer l’employabilité et de développer l’entreprenariat des jeunes âgés de 18 à 40 ans à travers les axes la mise en stage en entreprise de centaines de jeunes et l’auto emploi d’un millier d’autres jeunes à travers l’aide à la création d’activités génératrices de revenus (AGR). Cette politique du numéro Un ivoirien vise essentiellement à contribuer à réduire la pauvreté et le chômage des jeunes en accordant un appui à la création des AGR aux groupes vulnérables et jeunes à risque porteurs d’une idée de projet à travers des formations techniques professionnelles et le financement de leurs activités. Lorsque le Président de la République, Alassane Ouattara, a dédié cette année aux jeunes, c’était pour accélérer cette vision. Parmi les personnes ayant bénéficié de l’appui du C2D en collaboration avec l’Agence Française de Développement (AFD), trois jeunes de Bouaké sont aujourd’hui entièrement autonomes et forcent l’admiration dans leurs milieux respectifs, la quincaillerie, l’élevage de dindes et la restauration.

Ce mercredi 29 novembre 20123, il est 11h 56mn lorsque nous arrivons à la ferme de Koné Massandje Yasmine, éleveuse de dindes à une vingtaine de kilomètre au nord de Bouaké. Elle s’emploie à ranger plusieurs objets qu’une pluie inattendue a dû déranger dans la nuit du mardi à ce mercredi 29 novembre 2023. « Mon entreprise se nomme Kounandi Volaille. Son siège est à Bouaké. J’ai commencé mon activité en 2017, mais c’est en 2021 que j’ai reçu un financement du ministère emploi jeunes. Bien avant 2017, je ne travaillais pas. Au lancement de l’activité, nous étions trois personnes, ma sœur jumelle, un volailler et moi. Quand nous avons eu le financement grâce au ministère de l’Emploi jeunes en partenariat avec le C2D et l’AFD, nous avons commencé avec l’importation de 10.000 (dix mille dindonneaux de la France. Malheureusement pour nous, nous avons enregistré 6.500 pertes, (six mille cinq cent) morts. C’était un coup dur pour nous, parce que nous venions de commencer. Nous n’avions pas d’assurance, donc nous n’avons pas été dédommagés. Nous n’avions pas aussi pris des précautions pour les recevoir. Le pire était à venir, car le reste, les 3.500, ont été ravagés par la grippe aviaire. C’était des moments pénibles pour nous. Fallait-il jeter l’éponge ? Nous n’avons pas baissé les bras. Nous sommes retournés vers le C2D pour un autre prêt qui nous a permis de commander 5000 dindonnons. Nous avons vendu sur cette commande à des éleveurs particuliers 3000, et nous avons élevé les 2000 autres. C’est avec ces 2000 que nous avons rebondi. Grâce à Dieu et avec l’encadrement technique que le fournisseur nous accorde, aujourd’hui nous sommes à 5000 têtes. J’ai douze employés et à notre tour, nous assistons 50 éleveurs de dindonneaux à travers le pays. Cela fait de moi le plus grand éleveur de dindes de dindes en Côte d’Ivoire. C’est une bonne activité que je conseille aux jeunes. Il faut juste qu’ils y croient. Pour cela, il faut qu’ils se renseignent. Ils peuvent aller vers l’entrepreneuriat jeune pour postuler. Aujourd’hui, j’ai à mon actif deux fermes à Abidjan. Je ne me plains pas du tout ».

Parti de la ferme de Dame Koné Massadjé, nous mettons le cap sur la quincaillerie de M. Diallo Sindou, qui en est le propriétaire et le gérant principal. La quincaillerie Ing Co Outils Bat Pro, à l’en croire, compte cinq d’employés fixes. Une caissière, un magasinier, deux chargeurs et un coursier. L’homme peine à nous adresser la parole, tant il est occupé à voir de près ce qui se passe avec ses employés. Des camions loués par des clients chargent leurs commandes devant le magasin quand d’autres camions viennent ravitailler sa boutique. Le tout se passe dans une ambiance d’une grande surface commerciale où les clients défilent entre les différents rayons. Quand il a eu un petit temps à nous accorder, Sindou, bien que de fois perturbé par les nombreux appels, nous dit : « Je suis basé à Bouaké, spécialisé dans la vente de tous les matériels du bâtiment. Au début, ça n’a pas été facile. Mais je suis issu d’une famille de commerçants, papa et maman commerçants. Donc très tôt je me suis frotté au commerce. Cela ne m’a pas empêché d’aller à l’école. J’ai obtenu un BTS en gestion commerciale, stratégie marketing, recherche de partenariats. Étant né dans le commerce, ajouté à cela mes études, je n’ai pas eu de difficultés à me faire du chemin dans la quincaillerie. C’est un bon secteur. Mais il est exigeant et demande de la rigueur dans la gestion. Moi aussi j’ai bénéficié de l’emploi jeune à travers le C2D. Les jeunes peuvent se diriger vers cette activité. Mais il faut beaucoup de courage, parce que ce n’est pas tout de suite que vous allez compter des millions. Il faut de la patience et aimer le métier. Pour moi, c’était à la limite une passion. Voilà pourquoi je me suis spécialisé dans ce métier en allant apprécier d’abord à l’école. J’étais convaincu qu’on ne pouvait pas y réussir avec la même gestion de nos parents. Non. L’à peu près n’y a pas sa place. Nous avons beaucoup de matériels cassables. Il faut donc faire attention surtout quand il y a un chargement à faire. De la qualité du service que nous proposons dépend la quantité de la clientèle. Donc je suis très regardant sur cet aspect sans toutefois aussi mettre trop de pression sur les employés. Il y a une bonne ambiance mais quand il faut mettre les points sur les i je n’hésite pas. », Affirme-t-il catégorique.

Au restaurant Samira, nous sommes reçus par Mme Kouadio Reine Charlotte. Elle est la propriétaire de ce kiosque moderne. Elle emploie 3 personnes. Après lui avoir décliné notre identité, nous avons été confortablement installés devant un mets de notre choix qu’elle a pris de nous offrir. Pour ne pas vous faire couler inutilement la salive, nous tairons le nom du mets en question qu’affectionnent les jeunes habitués à manger dans les kiosques. C’est bien l’hospitalité ivoirienne qui est en marche, car il faut donner à boire ou manger à l’étranger avant de lui demander l’objet de sa visite. Cette étape est vite franchie quand je finis de manger. « Mon kiosque diffère des kiosques ordinaires. Il est spécialisé dans les menus variés en plus d’être ordinaire. Vous y trouverez du café comme chez « Diallo », mais aussi d’autres mets modernes: le riz gras version sénégalaise, appelé « tchèpe », les grillades, les crudités par exemple et des repas africains et européens. En tout cas, c’est un menu varié que je propose aux clients. Dire que ça marche ou ça ne marche pas, c’est relatif. Il y a des moments où ça donne et d’autres pas. Mais dans l’ensemble, je ne me plains pas. Tout le monde est victime de la cherté de la vie. Dans le domaine du restaurant, cela se fait sentir encore plus, avec la hausse de la quasi-totalité des produits de base comme, le riz, l’huile et autres…Une autre difficulté est le personnel. La plupart du temps, les filles que nous recrutons ne durent pas avec nous. Parfois, nous mettons fin à leur contrat à cause de leur paresse ou selon leur propre volonté. Et cela se passe à la veille des grands congés scolaires ; Elles partent au village pour ne plus jamais revenir. On peut bien employer des hommes, mais ce n’est pas décent de voir dans un maquis, un garçon laver des assiettes. Quand vous les mettez à la caisse, ils ne vous donnent pas toujours le résultat escompté. Généralement, les jeunes filles ont plus peur que les garçons. Je ne saurais vous dire combien de filles sont passées par ici depuis que je tiens ce kiosque. Mais je fais avec. Les fins de mois sont souvent des moments d’affluence pour nous. Mais après le milieu du mois, nous fonctionnons un peu au ralenti. Sincèrement je peux dire en gros que ça va. Si je rembourse à bonne date mon prêt, je vais solliciter un autre encore plus important et agrandir mon restaurant », a-t-elle dit.

Au total, nos jeunes entrepreneurs se tirent bien d’affaires dans leurs différents domaines. Tous disent merci au gouvernement pour sa politique de l’entreprenariat jeune. Ils pensent que d’autres jeunes peuvent les prendre en exemples. Le tout est de croire en son entreprise et d’être sérieux avec soi-même.

JPH

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