De ma toute petite tribune, je vous adresse mon traditionnel salut. Dans notre pays, ce weekend a été particulièrement animé avec des meetings et manifestations politiques un peu partout. Le RHDP à Daoukro chez N’zueba, le PDCI à Yopougon, un bastion traditionnel attribué au mari de la petite femme et le PPA-CI à Gagnoa. C’est de bonne guerre puisque nous sommes de pleins pieds dans la période de précampagne électorale. Les différents états majors politiques n’ont plus le sommeil léger. Pendant que certains travaillent sur des projets de sociétés crédibles, d’autres se débattent à trouver des solutions à des problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés. L’un d’eux, comme s’il sentait une disqualification de la course qui mène au palais présidentiel, a commencé à préparer les esprits de ses militants. Ce dernier, à l’appel de certains mouvements et associations de soutien de la société civile à sa cause, était sur ses grands chevaux. Comme je m’y attendais depuis ma petite tribune, l’homme à la pluri nationalité, a de nouveau focalisé son adresse sur sa propre personne plutôt que de vendre un projet de société aux Ivoiriens. Rien d’étonnant en effet. Depuis son retour au bercail après plus de vingt-trois longues années, l’on nous demande de gober qu’il est le plus beau et le plus intelligent des Ivoiriens. Pour le meeting de la Place Figayo, il a mis derrière l’IDH, son principal projet de gouvernance, pour s’approprier des thèses guerrières, mettant en avant une certaine exclusion du processus électoral qu’il voit venir. Et logiquement , il fallait stigmatiser la Commission électorale indépendante (CEI). A propos de sa candidature, il pense être le meilleur en 2025 pour les Ivoiriens. Toutefois, il estime que vue sa carrure et son potentiel, le pouvoir en place n’en veut pas et fera tout pour lui barrer la route. Puis de dire à ses militants qu’il compte sur eux pour tout faire pour lui offrir le fauteuil présidentiel. Quelle est cette façon simpliste de se dédouaner à moindre coût ? Le pouvoir a-t-il déjà initié une quelconque démarche visant à l’écarter de la course ? Pour moi, l’homme se croit simplement plus malin que les autres. L’homme n’est en réalité opposé qu’à lui-même. C’est lui qui a déposé sa requête en renonciation à la nationalité française après avoir caché ce dossier à tous ses proches et à l’ensemble des Ivoiriens. Sachant depuis l’introduction de cette requête qu’il y a bel et bien une hypothèse d’une probable disqualification, il court maintenant jouer le victimaire. Ce sujet s’est d’ailleurs invité dans le débat. Disons-le nous tout net, l’homme n’est pas sûr d’être dans la course. Il a donc commencé à préparer psychologiquement ses militants. Lorsqu’il dit: « ils feront tout pour me barrer la route », il fait allusion au régime alors qu’il est son propre adversaire. Au départ, l’Ivoiro-francais ou si vous préférez le Franco-ivoirien a voulu ruser avec tout le monde et au finish il s’est fait prendre à son propre piège. “A malin, malin et demi”. Il a rusé avec les textes de son parti pour en prendre la tête. Aujourd’hui la supercherie est mise à nue. Il s’est également payé la tête de ses propres militants. Il a confessé avoir passé 23 années à l’extérieur de notre pays, ce qui est une clause d’élimination dans la candidature à la présidentielle. Tous ces éléments mis l’un dans l’autre, si demain sa candidature est rejetée, ce ne serait pas une manigance politique, mais son propre chapeau. Ne se limitant pas là, l’homme a aussi jeté un autre pavé dans la marre, accusant la CEI de jouer pour le pouvoir. « Si le match est transparent et que l’arbitre ne marque pas de buts, nous gagnerons la présidentielle 2025 ». Sans être encore candidat, il commence à crier au loup. Si ce n’est pas une fuite en avant, comment peut-on appeler ce comportement ? Que l’homme aille consulter les résultats des élections antérieures, il saura qui pèse quoi dans ce pays. Ce grand Monsieur au sens plein par la taille, doit comprendre qu’il est un nain en politique. Tous les présidents qui se sont succédé au perchoir dans notre pays, l’ont dit: “une élection ne se gagne pas à la CEI, mais bien sûr le terrain”. Et les exemples, ne manquent pas dans ce pays. A la sénatoriale passée, l’arbitre n’a pas marqué pour Ahoussou Kouadio. A la municipale passée aussi, l’arbitre n’a pas marqué pour le ministre des Eaux et forêts, Tchagba Laurent. De même à Cocody, commune de résidence du chef de l’Etat, le directeur du protocole du même président de la République a été battu encore par le candidat du plus vieux parti. On sait aussi tous ce qui s’est passé à Tiassalé chez Assalé Tiémoko. Alors de quoi parle l’homme à la double nationalité ? De ma petite tribune, je voudrais dire à tous les politiques que l’élection de 2025 n’est pas différente des autres. Elle sera organisée à partir de règles claires et précises comme toutes les autres. Et par la grâce de Dieu, le ciel ne nous tombera pas là-dessus.
JPH













