Djahakro, commune de Yamoussoukro – juin 2025
Dans un contexte où la quête d’autonomisation économique des femmes demeure un enjeu central en Côte d’Ivoire, certaines initiatives méconnues du grand public se révèlent pourtant porteuses d’espoir. C’est notamment le cas de la culture du champignon, une activité agricole encore discrète, mais à fort potentiel, que développe avec détermination l’Association des Commerçantes de Djahakro, village rattaché à la commune de Yamoussoukro.
Réunies autour de leur présidente, Mme Diomandé Mantogoman, ces femmes entrepreneures ont décidé de faire du champignon leur principal outil de lutte contre la précarité économique. Bien que marginale dans les pratiques agricoles nationales, cette activité attire de plus en plus l’attention en raison de sa rentabilité et de ses nombreuses vertus nutritives et thérapeutiques. « Le champignon est devenu un plat favori des consommateurs dans les lieux de gastronomie de la capitale ivoirienne », souligne Mme Diomandé. « Cette plante possède des vertus thérapeutiques avérées : elle aide à lutter contre l’hypertension artérielle, le diabète, et contribue au nettoyage du sang. »
Une activité agricole accessible et durable
L’un des principaux atouts de cette culture réside dans sa facilité d’accès. Contrairement à d’autres spéculations agricoles exigeant de vastes terres ou de lourds investissements, la culture du champignon peut se pratiquer sur de petits espaces, avec des moyens réduits. Elle s’affranchit également des contraintes climatiques et saisonnières, en étant peu dépendante de la pluviométrie.
Grâce à des formations dispensées par des ONG locales et des structures d’accompagnement en agroécologie, les femmes de Djahakro ont mis en place des unités de production artisanales au cœur même de leur village. Cette activité leur permet aujourd’hui de générer des revenus réguliers, de soutenir leurs familles et de réinjecter des ressources dans d’autres projets économiques ou sociaux.
Un appel national à l’appropriation.
Consciente du potentiel de cette culture, Mme Diomandé Mantogoman appelle à une vulgarisation nationale de la filière. « Nous invitons toutes les couches sociales, notamment les jeunes et les femmes, à s’approprier la culture du champignon. Elle constitue une voie rapide, propre et durable vers l’autonomie financière. »

Elle interpelle également les autorités locales et nationales, ainsi que les partenaires techniques et financiers, à soutenir cette filière en pleine émergence, à travers des programmes de financement, de formation et d’accompagnement.
Une opportunité pour la diversification économique
Alors que la Côte d’Ivoire ambitionne de diversifier son économie et de réduire le chômage rural, la valorisation des cultures alternatives comme celle du champignon apparaît comme une solution pertinente. Le cas de Djahakro illustre bien le potentiel de transformation socio-économique de cette filière.
Dans un pays à fort potentiel agricole, où la demande en produits bio et aux vertus thérapeutiques ne cesse de croître, l’émergence d’un secteur champignonnière organisé et soutenu pourrait contribuer à un développement local inclusif, durable et équitable.
Yero Kouadio













