Quel symbole donnez-vous à la célébration du cinquantenaire de l’école de Badiokaha ?
Pour nous, c’est célébrer l’éducation. C’est célébrer toutes les réussites de Badiokaha grâce à l’école. C’est une façon pour nous de rendre hommage à tous nos parents qui ont construit de leurs mains cette école. Leur dire merci de nous avoir donné l’opportunité d’apprendre et d’être aujourd’hui ce que nous sommes. Les femmes ont transporté le sable dans des cuvettes sur leur tête, les hommes ont transporté les matériaux sur plusieurs kilomètres. Il fallait donc reconnaître tout cela. Il y en a qui ne sont plus de ce monde aujourd’hui, mais il fallait rendre hommage à tous ces parents. A cet hommage nous avons voulu associer tous les enseignants qui sont passés ici à Badiokaha. Nous ne les oublierons jamais. Au-delà, à nos jeunes frères appelés à prendre la relève, nous leur demandons de faire comme nous, sinon plus que nous. Parmi nous aussi, certains n’ont pas réussi à l’école, mais font plus que se défendre dans la société. Ils constituent également des modèles de réussite grâce notamment à l’agriculture, à la menuiserie, à l’apiculture et bien d’autres métiers. C’est tout ce beau monde que nous avons voulu célébrer aujourd’hui. Au demeurant, c’est une invite à tous les ressortissants de Badiokaha qui sont passés par l’école primaire publique du village pour qu’ils s’intéressent aux activités de la Mutuelle de développement de Badiokaha (MUDEB). Le nom Badiokaha figure dans les livres du primaire depuis 1992. En ce moment c’était un petit village. Aujourd’hui il a grandi et présente de réels atouts touristiques. Après douze mois de dure labeur on peut se donner aussi des moments de réjouissances. Voilà le symbole de la célébration du cinquantenaire de l’EPP Badiokaha.
Êtes vous un président comblé ?
Oui très comblé par la qualité des invités et tous ceux qui étaient présents à la fête. Les témoignages reçus ici et là m’autorisent à être un président comblé.
Un don à été fait aux femmes. Quel en est la portée ?
Cela fait maintenant six ans que nous faisons ce don aux femmes. C’est dans le cadre de la cour la plus propre du village et Dieu seul sait que les femmes sont au devant de ce challenge. Les premières années du lancement de ce concours, nous récompensions les dix premiers. Mais nous nous sommes rendu compte que tout le monde faisait des efforts. Il fallait donc élargir le champ des récompenses. C’est vrai qu’il y a un relâchement certainement dû à l’avènement du TIMO. Mais nous avons repensé à tout cela. Désormais, il ne sera plus question du concours du plus beau quartier, mais du concours des jeunes des quartiers, de sorte à ce que la tâche ne soit pas laissée au seul TIMO et aux femmes, mais également aux jeunes, pour que nous ayons un village propre sans moustiques.
Un mot de fin
Je tiens à remercier toutes les autorités présentes avec à leur tête Mme le Préfet Matenin Ouattara, le Conseil régional, les frères présidents des autres mutuelles, la fédération des mutuelles de la sous-préfecture, les amis venus de partout. Sincèrement merci à tous.
Interview réalisée par JPH à Badiokaha.













