Fêtes de fin d’année/Des producteurs de cacao privés de revenus

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Alors que les fêtes de fin d’année sont traditionnellement synonymes de réjouissances et de soulagement pour les familles rurales, de nombreux producteurs de cacao en Côte d’Ivoire les ont vécues cette année dans l’angoisse et la précarité. Malgré les annonces officielles faisant état d’une campagne cacao globalement satisfaisante, la réalité sur le terrain est tout autre : des milliers de planteurs n’ont toujours pas perçu le fruit de leur travail.

Dans plusieurs zones cacaoyères du pays, les témoignages concordent. Le cacao est bel et bien produit, stocké dans les magasins, parfois même acheminé jusqu’aux ports, mais l’argent n’arrive pas. Une situation qui a plongé de nombreuses familles dans une fin d’année particulièrement difficile.

Des fêtes sans joie dans les campagnes

À Sipilou, dans la région du Tonkpi, N’guéssan N’Dri, producteur de café-cacao, confie avoir passé les fêtes sans ressources.
« Nous avons livré notre cacao depuis plusieurs semaines, mais nous n’avons rien reçu. Comment célébrer Noël ou le Nouvel An dans ces conditions ? », s’interroge-t-il.
Selon lui, l’absence d’acheteurs solvables et la peur des arnaques ont paralysé la commercialisation, laissant les producteurs dans l’attente.

Même constat à Guého, où Coulibaly Bamori explique que les fêtes ont été vécues dans le strict minimum.
« Les magasins sont pleins de cacao, mais nos poches sont vides. Nous avons utilisé nos dernières économies pour la scolarité des enfants. Pour les fêtes, il n’y avait rien », raconte-t-il, résigné.

Dans la Marahoué, la détresse des familles

À Bouaflé, dans la région de la Marahoué, Loukou Kouassi Augustin affirme n’avoir perçu aucun paiement depuis le mois de novembre.
« Une partie de notre cacao est au port, l’autre est encore au magasin, mais nous n’avons toujours pas été payés. Pendant les fêtes, certains enfants ont été renvoyés de l’école, et nous n’avons pas pu faire face aux urgences de santé », déplore-t-il.

Pour survivre, plusieurs familles se sont tournées vers la vente de produits vivriers ou de petits commerces informels, loin de pouvoir profiter de la période festive.

Dabouyo : cacao livré, espoirs bloqués

À Dabouyo, Kouakou Francis évoque des camions de cacao immobilisés depuis plusieurs semaines.
« Le cacao est déjà livré, mais l’argent ne vient pas. Les fêtes sont passées dans la souffrance. C’est décourageant de produire toute l’année et de finir l’année sans rien », regrette-t-il.

Un contraste saisissant avec les chiffres officiels

Alors que le Conseil du Café-Cacao met en avant des milliards de francs CFA versés aux producteurs et une bonne dynamique de la campagne, les réalités vécues dans les villages révèlent un profond décalage. Pour les planteurs, les fêtes de fin d’année ont mis en lumière une vérité douloureuse : sans paiement effectif et rapide, le cacao ne garantit plus la dignité des familles qui le produisent.

À l’issue des fêtes, la colère et l’inquiétude demeurent dans les zones cacaoyères. Les producteurs appellent à des mesures urgentes afin que les prochaines échéances ne se transforment pas, une fois encore, en périodes de souffrance silencieuse pour ceux qui font vivre la première richesse agricole du pays.

Davila Y

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