Libre opinion/Et oui, jamais deux capitaines dans un bateau.

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Je vous salue depuis ma toute petite tribune. J’y ai toujours entendu dire qu’il n’y a pas deux capitanes dans bateau. Autrement dit, il ne peut pas avoir deux chefs dans un même village, tout comme il ne saurait avoir deux présidents dans un seul pays et même pays. Le pays de la Teranga nous en donne une illustration parfaite. On a aidé les Wolof à applaudir les deux frères de combat quand ils ont accédé au pouvoir. On a loué leur stratégie du plan B. C’est-à-dire que lorsqu’une première option s’avère inopérante pour un projet, alors il faut recourir à une deuxième. Les deux frères au pouvoir au pays de Léopold Sédar Senghor nous ont été brandis comme l’exemple d’une nouvelle Afrique qui gagne. D’un nouveau continent qui devait revoir sa gestion politique en la confiant aux jeunes. Mais disons-le tout net, l’exercice du pouvoir exige une certaine maturité, de l’expérience et de sagesse. Honnêtement, qui s’attendait à l’extraordinaire au Sénégal ? Moi, depuis ma petite tribune, je savais qu’une grande partie du peuple sénégalais, en tournant le dos à Macky Sall, celui qui aura passé douze bonnes années à le représenter au plus haut niveau et qui aujourd’hui est candidat à la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU avec trois autres prétendants, notamment la Chilienne Michelle Barchelet, la Costa Ricaine Rebeca Grynspan et l’Argentin Rafael Grossi, n’avait pas choisi un programme, mais plutôt avait opté pour le simple changement. N’était-ce pas par pure communion émotionnelle portée par la colère populaire ? Il fallait seulement voir autre chose, espérer avec les deux frères amis. Oui il fallait un nouveau Sénégal avec  Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. L’un devient donc président et l’autre premier ministre. Leur grande amitié venait ainsi d’être couronnée. Mais le temps, l’autre nom de Dieu, comme on le dit souvent et l’épreuve du pouvoir ont fini par rattraper les jumeaux hétérozygotes qui doivent sûrement comprendre aujourd’hui, que dans l’opposition on peut rêver ensemble, avoir les mêmes ambitions, mais le pouvoir fait naître les contradictions cachées. Tout cela se confirme avec maintenant la décision du président Bassirou Diomaye Faye de se séparer de son puissant Premier ministre Ousmane Sonko qui agite le Sénégal comme un tremblement de terre. Hier, ils étaient unis contre le système, aujourd’hui ils se séparent à cause des exigences du même système. Ce divorce, loin d’être uniquement une crise au sommet de l’Etat, s’annonce pour la jeunesse comme une déception, elle qui avait chanté, dansé et applaudi le projet des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF). Cette déception, hélas ne sse limite pas seulement à la jeunesse sénégalaise, mais elle touche également celle de tout un continent, l’Afrique. Le rêve a été de courte durée. Comme quoi, l’art de gouverner, de diriger n’appartient pas à tout le monde. Il ne signifie pas non plus animer des meetings à longueur de journée, encore moins haranguer des foules aux quatre coins de la rue ou sur les réseaux sociaux. Que reste-t-il à la jeunesse africaine tiraillée entre l’espoir contradictoire des juntes de l’AES, le panafricanisme débridé de Kémi Séba, Franklin Niamsi, Nathalie Yamb et la symphonie inachevée du PASTEF ? De ma petite tribune, je ne suis guère surpris. Les signes avant-coureurs étaient bien là. La première crise ouverte a éclaté entre les deux personnalités lors d’un meeting en juillet 2025 où Sonko avait publiquement reproché au chef de l’État, son manque de soutien et dénoncé une dérive dans la gestion du pouvoir, révélant des divergences sur l’orientation de leur alliance et sur la place du parti dans les institutions. Le divorce entre Diomaye et Sonko était prévisible et inévitable. Beaucoup le savait. Il vient nous rappeler seulement une réalité : celle que dans un bateau, il ne peut avoir deux capitaines

A bientôt.

JPH

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