Niakara: Bonne nouvelle pour les populations. Retour progressif de l’eau dans les robinets de la SODECI.

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Le bruit était presque devenu un lointain souvenir. Depuis quelques jours, dans les quartiers Château, Habitat, Résidentiel ou Kalêhê, Un sifflement familier retentit de nouveau dans les cours : celui de l’air fuyant des tuyaux, suivi du jaillissement d’une eau claire. Pour les dizaines de milliers d’habitants de Niakara, le retour de l’eau dans les robinets de la SODECI marque la fin de longues souffrances liées au manque d’eau potable. Pendant plus d’un semestre, la ville a vécu cette pénurie d’eau sans précédent.

Le jour où la ville s’est asséchée

Tout a basculé il y a un peu plus de six mois. Conséquence directe du changement climatique et d’un ensablement sévère accumulé sur 45 ans, la retenue d’eau artificielle qui alimente le château d’eau municipal s’est totalement vidée de son contenu. Un paysage de boue craquelée a remplacé le bassin, plongeant instantanément le chef-lieu de département dans un black-out hydrique total.

Très vite, les conséquences sanitaires et sociales sont devenues alarmantes. Sans eau courante, les gestes les plus élémentaires de la vie quotidienne se sont transformés en défis insurmontables.

Le ballet des camions citernes et le mirage des forages

Face à l’urgence, l’ONEP (Office National de l’Eau Potable) et la municipalité ont déployé un plan de sauvetage. Des camions citernes ont commencé à sillonner les artères de la ville pour ravitailler en priorité les hôpitaux, les écoles et des points de distribution communautaires.

Mais cette logistique de crise a rapidement montré ses limites face à l’immensité des besoins. Pour soulager les populations, le conseil municipal dirigé par le maire Pierre Koné, a financé en urgence la construction de forages dans plusieurs quartiers. Une initiative louable, mais qui s’est malheureusement avérée insuffisante : le tarissement profond des nappes phréatiques de la région a limité le débit de ces installations, laissant de nombreuses vannes à sec et prolongeant les interminables files d’attente sous un soleil de plomb.

 Fanta T, ménagère au quartier Château :« Pendant six mois, ma vie s’est résumée à chercher de l’eau. On se levait à 3 heures du matin pour espérer avoir une place au passage du camion-citerne ou près des rares forages. Parfois, on passait la nuit dehors pour ne rentrer qu’avec un seul bidon de 20 litres pour toute la famille. Le retour de l’eau à la maison, c’est comme une seconde naissance pour nous. On réapprend à vivre normalement. »

La crise a également durement frappé toutes les communautés religieuses pendant les périodes de jeûne.

Souleymane K, commerçant et leader communautaire :« Le jeûne et les fêtes religieuses ont été particulièrement éprouvants cette année. Les camions citernes faisaient ce qu’ils pouvaient, mais la demande était trop forte. Les forages du quartier ont vite montré leurs limites, l’eau ne sortait plus ou elle était boueuse. Aujourd’hui, on respire enfin, mais cette crise doit servir de leçon. »

Les leçons d’une crise et l’appel du Bandama

Si l’heure est au soulagement grâce aux lourds travaux de dragage d’urgence de la retenue d’eau et au retour salvateur des pluies, les habitants et les autorités locales savent que cette victoire reste fragile. La dépendance à une seule retenue de surface expose la ville aux mêmes menaces à chaque saison sèche prolongée.

À Niakara, le retour de l’eau s’accompagne désormais d’une volonté politique forte à trouver une solution durable aux récurrentes crises de l’eau: l’accélération du projet d’interconnexion avec le fleuve Bandama. Pour les populations du Hambol, c’est la seule et unique solution définitive pour garantir que les robinets ne se tairont plus jamais pendant six mois.

Gnakouri Tostao 

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