Assemblée nationale/Le groupe parlementaire AGIR va-t-il disparaitre ?

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Le départ annoncé d’Antoine Kangah pourrait faire passer le groupe parlementaire AGIR sous le seuil requis pour conserver son statut. Des proches du député évoquent des pressions, tandis que le rôle du RHDP alimente les interrogations à l’approche de la rentrée parlementaire.

Abidjan – Le groupe parlementaire AGIR joue une partie importante de son avenir à l’approche de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, prévue le 1er octobre. Composé de huit députés, soit le seuil requis pour constituer un groupe parlementaire, AGIR pourrait perdre ce statut à la suite du départ annoncé d’Antoine Kangah.

La démission du député de M’Batto du groupe est confirmée par plusieurs de ses membres. Son départ ferait passer l’effectif à sept députés et placerait ainsi AGIR sous le seuil nécessaire à son maintien.

Cette situation intervient après le ralliement de Kangah au RHDP. Ancien secrétaire général adjoint du PPA-CI, il avait participé aux élections législatives de décembre 2025 malgré la décision de son ancien parti de ne pas prendre part au scrutin. Élu député de M’Batto, il a ensuite rejoint le parti au pouvoir.

Des pressions évoquées

Le départ de Kangah ne manque pas de susciter des interrogations. Des proches du député affirment qu’il aurait subi des pressions pour quitter AGIR.

Si cette version était confirmée, la conséquence serait immédiate : avec sept députés, le groupe ne pourrait plus atteindre le seuil requis pour maintenir son statut.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle du RHDP ne permet toutefois d’établir que le parti aurait cherché à provoquer le départ du député ou la disparition d’AGIR.

La question du rôle de la majorité demeure néanmoins au centre des discussions, notamment en raison du ralliement de Kangah au RHDP.

Le précédent Parfait Traoré

Cette séquence rappelle les difficultés rencontrées par AGIR lors de sa constitution. Le groupe avait notamment compté sur Parfait Traoré, député de M’Bahiakro, pour atteindre les huit membres nécessaires.

Ce dernier avait finalement renoncé à rejoindre AGIR pour intégrer un autre groupe parlementaire. Selon des membres d’AGIR, ce désistement était intervenu dans un contexte de fortes pressions politiques.

Face à cette situation, le PDCI-RDA avait finalement mis l’un de ses députés à la disposition d’AGIR afin de permettre au groupe d’atteindre le nombre requis.

Le parallèle entre les deux situations alimente aujourd’hui les interrogations sur les recompositions en cours au sein de l’Assemblée nationale.

Quel avenir pour AGIR ?

La disparition éventuelle d’AGIR ne modifierait pas le rapport de forces global à l’Assemblée nationale. Le RHDP dispose déjà d’une large majorité.

L’enjeu se situe davantage au niveau de l’organisation de l’expression parlementaire. Un groupe parlementaire permet à ses membres de coordonner leurs interventions, de défendre des positions communes et de disposer d’un cadre collectif au sein de l’hémicycle.

AGIR constitue notamment un espace pour des députés indépendants ou issus de sensibilités différentes des principaux groupes politiques.

Certains de ses membres, dont Stéphane Kipré et Léandre Koffi, se sont par ailleurs régulièrement exprimés de manière critique sur l’action gouvernementale.

Le 1er octobre comme échéance

À quelques jours de la rentrée parlementaire, l’avenir d’AGIR apparaît donc suspendu à plusieurs inconnues.

Le départ d’Antoine Kangah sera-t-il définitivement acté ? Un autre député viendra-t-il renforcer le groupe ? Les accusations de pressions évoquées par les proches de l’élu seront-elles clarifiées ?

Autant de questions auxquelles la reprise des travaux parlementaires pourrait apporter des réponses.

En attendant, le départ annoncé de Kangah place AGIR dans une situation inédite et relance le débat sur la recomposition des groupes parlementaires.

Le RHDP veut-il réellement faire disparaître AGIR ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer. Mais le ralliement de Kangah à la majorité, son départ du groupe et les accusations de pressions formulées par ses proches suffisent à placer cette question au cœur des interrogations avant la rentrée parlementaire du 1er octobre.

Davila Y

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