Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 septembre 2022, une tentative de coup d’Etat éclate en Côte d’Ivoire. Vite, elle se mie en une rébellion armée qui scindé le pays en deux zones géographiques, le Nord et le Sud. C’est aux alentours de 3h du matin quand des hommes en armes avaient déclenché l’assaut sur plusieurs casernes et gendarmeries de la capitale économique du pays. Mais Abidjan n’est pas la seule ville à s’embraser. De manière simultanée, des attaques identiques sont menées dans le nord ivoirien, à Bouaké, Man et Korhogo…
La première guerre du pays l’a plongé dans une décennie de crise militaro-politique. Par la force des choses, Bouaké devint la capitale de la partie du Nord, une zone où une nouvelle organisation s’est mise en place avec le règne d’hommes en armes. Aujourd’hui, 19 septembre 2023, vingt et un ans après, les souvenirs sont encore douloureux chez plusieurs victimes de cette crise. Les populations de Bouaké n’ont vertes pas définitivement tourné cette page sombre de leur vie. Toutefois, elles ne sont pas loin de le faire, avec la renaissance de leur ville grâce à de nombreuses actions du Président de la République, Alassane Ouattara. D’une ville presque maudite, l’on est sur le point de passer à une ville de rêve où il fait à nouveau bon vivre.

Une nette amélioration de la sécurité
Il faut le dire, des habitudes de guerres s’étaient déjà installées dans les zone occupées par la rébellion. Il n’y avait presque plus de loi, ou du moins celle qui régnait, était celle du plus fort. Le désordre, le banditisme à ciel ouvert, les agressions physiques, les vols, la drogue étaient le lot quotidien de plusieurs riverains. Puis un certain calme va prévaloir après plusieurs accords signés à Ouagadougou puis en France à Linas Marcoussis. La vie a donc commencé à tourner peu à peu comme il le fallait. Mais beaucoup d’armes étaient encore en circulation. C’est dans ce climat que les militaires ont faire monter les enchères en demandant au gouvernement de leur payer des primes. Certains parleront de 18 millions et une villa que l’Etat leur devait. Pour parvenir à leur fin, ils procèdent par mutineries et blocages des différents corridors de la ville causant de nombreux désagréments aux populations. Mais ils ont fini par obtenir gain de cause grâce à la diligence du chef de l’Etat. En sus, plusieurs d’entre eux seront même insérés dans plusieurs corps paramilitaires. La quiétude commence alors à s’installer au sein des populations. Serges Koné, enseignant, se souvient ; « Personne ne peut oublier les mutineries des militaires à Bouaké. J’en ai souffert comme bon nombre de riverains. C’est au cours d’une de ces mutineries que ma voiture m’a été arrachée par un homme en treillis militaire. Quand je l’ai retrouvée plusieurs mois après, elle était complètement hors d’usage. Comme moi, beaucoup de personnes ont perdu leurs biens. C’est difficile d’oublier, mais au moins nous avons la vie. D’autres n’ont pas eu cette chance».

L’école reprend ses droits
A Bouaké, les deux campus de l’Université Alassane Ouattara, dont l’un d’eux avait été totalement rénové, ouvrent leurs portes avec près de 30.000 étudiants. Les écoles secondaires et primaires publiques suivent le pas. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles sont réhabilitées à l’instar du Lycée technique, du lycée des jeunes filles et des écoles primaires publiques. En outre, de nombreux collèges de proximité voient le jour.
Une demande de logements, de l’eau potable, de l’électricité et du travail aux populations
Bouaké avait à faire face à plusieurs défis au fur et mesure que la paix était de retour. Pendant la crise, il eut une pénurie de logements, des problèmes d’accès à l’électricité et à l’eau potable. Tous ces défis étaient bien plus colossaux pour la municipalité. C’est alors que rentre en jeu le Programme présidentiel d’urgence, (PPU) qui va soulager des milliers de populations. Pour offrir du travail aux milliers de riverains de Bouaké, l’Etat va miser sur le secteur de l’anacarde de sorte qu’en trois ans, la ville est devenue la capitale africaine de la noix de cajou avec l’ouverture de quatre usines de transformation. Inaugurée en 2014, l’unité de transformation du groupe IPS (propriété de l’Aga Khan), a offert 600 emplois dont 80% sont occupés par des femmes.
De grands chantiers relancent entièrement le renouveau de Bouaké
Aujourd’hui à Bouaké, les stigmates de la guerre-rébellion ont totalement disparu. L’heure est à la réalisation de plusieurs infrastructures d’envergure. Notamment la construction du nouveau grand marché de Bouaké, le plus grand marché couvert de l’Afrique de l’Ouest. Les travaux de reconstruction du grand marché central de Bouaké avancent. Et les 80% de cette bâtisse seront même livrés d’ici au 1er janvier 2024, a indiqué, samedi 12 mars 2023, le maire, Nicolas Djibo, à l’issue d’une visite de chantier effectuée en compagnie des responsables en charge desdits travaux. « Je tiens à rassurer la population que fin décembre 2022, il aura plus de 80% du marché qui pourra être livré à la population. Et si on veut, on pourra ouvrir au 1er janvier 2023 une partie du marché et la totalité sera livrée en juillet 2023. Mais ce sont 3 blocs sur 5 que nous allons réceptionner en décembre 2022 et les deux blocs restants seront à leur tour réceptionnés en juillet 2023 », a indiqué Nicolas Djibo. Pour qui le « projet avance bien ». Il avance correctement et nous sommes vigilants pour ne pas que ce projet connaisse un dérapage au niveau des délais », s’est-il réjoui. Et a souhaité que « ce marché fasse partie des joyaux à montrer aux visiteurs à la CAN 2023 que la Côte d’Ivoire accueillera ». Entamés en décembre 2019 après la pose de la première pierre par le Président ivoirien, Alassane Ouattara, et son homologue français, Emmanuel Macron, les travaux qui avaient un peu stagné, avancent. Ils sont exécutés par l’entreprise MOTAENGIL qui est également chargée des travaux d’agrandissement et de rénovation du stade de la paix de Bouaké. Bâti sur plus de 9 hectares avec une capacité d’accueil d’environ 9 000 commerçants, le marché de Bouaké sera le plus grand de toute l’Afrique de l’Ouest. Financé par la France, le coût des travaux est estimé à environ 60 millions d’Euros soit près de 40 milliards FCFA. Pour rappel, le grand marché de la capitale de la région de Gbêkê avait été consumé par des flammes en 1998. La voie centrale, la A 3 qui traverse la ville, réhabilitée, présente fière allure. Les travaux d’élargissement de la voie centrale de Bouaké reliant les corridors nord et sud de la ville, lancés en 2017, sont quasiment achevés. Le tronçon de route concerné, long de 11 km, sera à terme élargi à 36 mètres contre 20 initialement pour donner une voie en 2×2, avec un terre-plein central pour empêcher la circulation anarchique d’un côté à l’autre. Le visage de la capitale de la région de Gbêkê, deuxième ville ivoirienne, change déjà, à mesure que les travaux avancent. Au stade actuel, sur le terre-plein séparant les deux voies, est dressée une barrière de béton infranchissable aux véhicules et engins à deux ou trois roues. Il comporte également des poteaux électriques et des feux tricolores aux différents carrefours, de dernière génération. L’impact de ces travaux est déjà visible avec des usagers obligés désormais, de mettre fin aux traversées de chaussées intempestives et de respecter les feux tricolores. Toute chose saluée par plus d’un riverain parmi lesquels Coulibaly Pierre, Infirmier. « Il faut saluer la réhabilitation de la voie principale de la ville. Elle était devenue exiguë pour une ville qualifiée de deuxième ville. En tout cas, elle n’était pas digne de la réputation de Bouaké. Mais aujourd’hui, avec ce que nous voyons avant la fin des travaux, c’est un nouveau visage de la ville que nous verrons. Le hic c’est la lenteur des travaux qui crée beaucoup de désagréments aux populations ». La conviction de Kramo Cyrille, gérant d’une quincaillerie dans les environs de la gare routière est que « La voie principale de Bouaké sera aussi belle que celle de Katiola. Surtout avec le nouvel éclairage public qui sera déployé. Quelqu’un a pensé à tous ces travaux et les a mis à exécution. Il faut simplement lui être reconnaissant. Merci Monsieur le Président de la République ».

Le stade de la Paix de Bouaké, un joyau architectural et la cité CAN
Inauguré en 1984 à la faveur de la première coupe d’Afrique organisée par notre pays, le Stade de Bouaké ou stade de la Paix a été rénové dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 reportée en janvier 2024. D’une dimension de 119 × 73 m, le stade de Bouaké a été construit sous la forme d’une couronne ovale avec un profil en travers de 24 gradins. Réhabilité, il est équipé d’une pelouse ultra-moderne, d’une infirmerie, d’un vestiaire, d’une salle d’échauffement, d’une salle presse, et autres. Il a une capacité d’accueil actuelle de 40.000 places. Sa rénovation s’inscrit dans la ferme volonté du gouvernement de moderniser les infrastructures sportives en Côte d’Ivoire et participer ainsi à développer le sport pour tous, le sport de masse et le sport de haut niveau. Le témoignage du géomètre Hermann Jonas Kouassi est plus que ’édifiant : « Le sport représente de nos jours un élément stratégique ayant un impact notable sur plusieurs domaines. Il constitue pour les populations un excellent moyen de divertissement, mais contribue aussi à promouvoir l’image du pays. Le stade de Bouaké relooké a déjà accueilli le 24 mars dernier, après avoir abrité pour son inauguration, le match de championnat première ligue du 4 mars 2023, Bouake FC-ASI d’Abengourou, la rencontre Côte d’Ivoire-Comores pour le compte de la 4eme journée des éliminatoires de la CAN 2023 et le match de quart de finale retour Asec-US Monastir. Le ministre des Sports, Paulin Claude Danho, avait réceptionné, le samedi 04 mars 2023, les clés du stade de Bouaké. La réalisation de cette œuvre, un véritable chef-d’œuvre, est le fruit d’importants investissements. Sa réhabilitation a démarré en 2019 et a généré des centaines d’emplois directs et indirects. Un autre pan des travaux du stade qui accompagnent le stade de Bouaké, est la cité CAN est déjà prête. Ce sont 32 villas de haut standing prêtes à l’usage. Bouaké, c’est également le bitumage de plusieurs voies internes dans tous les quartiers. C’est aussi la rénovation de la piscine municipale et la construction d’un nouveau CHR. Toute chose qui fait dire à plusieurs riverains qu’à Bouaké, que « tu dors la nuit, le lendemain tu te réveilles avec un nouveau bitume derrière ta maison ». Lancés il y a déjà deux ans, ces travaux de bitumage de la voirie interne sont toujours en cours. L’autoroute Tiébissou-Bouaké, va davantage réduire le temps du voyage entre Bouaké et Abidjan. Plus de 40 ans après l’ouverture de la première section (Abidjan-Singrobo), longue de 140 kilomètres, la deuxième ville de Côte d’Ivoire est enfin atteinte par l’autoroute du Nord. Le Vice-Président de la République a inauguré l’autoroute Tiébissou-Bouaké. M. Tiémoko Meyliet KONE, avait présidé le jeudi 24 août 2023, à Djébonoua, au centre de la Côte d’Ivoire, la cérémonie d’inauguration de la section Tiébissou-Bouaké de l’autoroute du Nord.

Au total, aujourd’hui à Bouaké, les cauchemars vécus pendant la rébellion armée de septembre 2022 sont en train de disparaître de la mémoire collective à cause des nombreux chantiers de développement lancés par le Président de la République. Pour celui qui est de passage dans la capitale du centre et qui avait connaissance des stigmates laissés du temps de la rébellion, il vous sera difficile d’en trouver désormais. Bouaké est désormais une ville où il fait bon vivre avec tous ces chantiers que nous avons évoqués plus haut.
ENCADRÉ
Le seul bémol qui laisse encore penser à la crise de 2022, reste l’ex état-major de la rébellion qui jouxte la voie commerce-Université Alassane Ouattara, dans les encablures de la gare de train. Un bâtiment qui a subi le bombardement des forces loyalistes situé au quartier commerce. D’ailleurs le riverain lambda s’interroge à quand sa démolition pour tourner définitivement la page de la rébellion dans la capitale du Centre.
JPH













