Côte d’Ivoire/Le premier ministre Amadou Gon annonce sans détour que la reforme de la Cei se fera après les municipales et régionales du 13 octobre

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Les consultations en vue de la reforme de la Commission électorale indépendante (CEI) auront lieu après les élections couplées municipales et régionales 2018 prévues pour le 13 octobre prochain.

Dans son propos liminaire, le Premier Ministre et Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat, M. Amadou Gon Coulibaly, a tapé du poing sur la table à l’endroit de ceux qui agitent encore le spectre du chaos en Côte d’Ivoire. Il rappelle à tous : « Nous devons travailler ensemble, quelles que soient nos convictions politiques, à maintenir et à améliorer nos acquis tant aux niveaux économique, politique que social. Notre objectif commun devra être de relever, à nouveau, ensemble, le défi de l’émergence. C’est-à-dire de créer le bien-être social et humain pour nos compatriotes en accélérant les performances économiques. Il est donc, vous le comprendrez, incompréhensible et inacceptable que certains veuillent troubler la quiétude des Ivoiriens. Et je dois dire, nous ne l’accepterons pas, nous ne l’accepterons pas ».

Ainsi les menaces de la jeunesse d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (JEDS), et celle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, n’auront pas suffi, à faire plier l’échine au gouvernement ivoirien. Pour lui, la décision d’engager la réforme de la commission électorale indépendante, interviendra après les municipales et régionales couplées d’octobre 2018.

La position de l’équpe du premier ministre Amadou Gon a été affirmée à l’occasion d’une conférence de presse organisée le lundi 17 septembre 2018, à son cabinet sis au Plateau. « Le gouvernement engagera les consultations avec les partis politiques après les municipales et régionales 2018 », a annoncé le chef du gouvernement ivoirien.

On note que l’annonce du chef du gouvernement intervient 3 jours après les déclarations « guerrières » de Koua Justin président de la Jeunesse de EDS, en meeting au terrain d’Anono.

Les jeunes de cette plateforme de partis politiques de l’opposition ivoirienne soutenus par leurs camarades du PDCI, étaient montés au créneau pour exiger la reforme de cette institution avant la tenue des joutes électorales du 13 octobre prochain.

« Si Ouattara n’appelle pas l’opposition à la discussion, il sera dépassé par les évènements. Nous allons le conduire à sa dernière demeure, s’il ne réforme pas la CEI. Si Ouattara nous invite au combat, nous allons aller au combat. Nous allons lui faire porter ses habits de deuil. L’heure a sonné pour que les Ivoiriens se rassemblent pour conduire leur destin. Nous appelons au rassemblement pour sauver la Côte d’Ivoire », avait martelé Koua Justin.

Il avait été soutenu dans ces propos par Innocent Yao, président de la Jeunesse rurale du PDCI, qui lors de son intervention avait exigé au gouvernement ivoirien la réforme de la CEI, avant les élections couplées municipales et régionales du 13 octobre prochain.

Le PM invite le PDCI à la sagesse

Au sujet du RHDP, le PM a affirmé que sa création répond au besoin d’instaurer la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire. C’est un refrain bien connu depuis plusieurs mois maintenant. La nouveauté, c’est que, selon le PM, le PDCI-RDA est resté un membre du RHDP alors que les responsables officiels de ce parti disent avoir définitivement claqué la porte de la coalition. M. Amadou Gon Coulibaly souligne : « Je veux en appeler à la sagesse, de ceux qui sont encore anti RHDP et les inviter à ne privilégier que l’intérêt supérieur de la nation, le bien-être et l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens (…) La place du PDCI-RDA est bel et bien dans le RHDP ».

Le Chef du gouvernement a aussi évoqué le problème du transfèrement à la CPI de l’ex Première Dame, Simone Gbagbo. Il a rappelé que le Président de la République a pris la décision de ne plus envoyer d’Ivoiriens dans cette institution. Enfin, le PM s’est prononcé sur la question des prisonniers militaires, au nombre de 50, qui sont encore incarcérés. Il a souligné qu’il n’était pas encore opportun de procéder à leur libération, par respect pour les victimes encore meurtris et surtout pour des besoins de sécurité nationale.

La conférence du Premier ministre Ivoirien vient clairement afficher la position du gouvernement sur la question de la reforme de cette institution qui reste un véritable point d’achoppement entre le pouvoir et l’opposition en Côte d’Ivoire à l’approche de ces joutes locales.

JPH

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