Criminalité maritime/À Abidjan, une conférence pour faire front commun contre le fléau

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La capitale économique ivoirienne a accueilli, du 16 au 17 juillet, la 3ᵉ Conférence annuelle sur la sécurité maritime mondiale et l’application des sanctions, une plateforme stratégique où se sont réunis des acteurs étatiques, institutionnels et privés pour repenser la gouvernance des espaces maritimes face à la recrudescence des menaces transnationales.

À l’ouverture des travaux, le ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, a lancé un appel clair : « Nous devons cesser d’agir en ordre dispersé face à une criminalité maritime qui transcende les frontières nationales. »

Ce plaidoyer s’inscrit dans un contexte géopolitique préoccupant, marqué par l’intensification de trafics illicites, la montée du terrorisme maritime, la pêche illégale et la prolifération de flottes sous pavillon de complaisance dans les eaux africaines.

Une mobilisation multisectorielle

Cette conférence de haut niveau, organisée en partenariat avec l’Ambassade des États-Unis et divers organismes internationaux, a réuni une diversité d’acteurs : diplomates, représentants d’organisations régionales, experts en droit maritime, responsables portuaires, autorités douanières, et membres de forces navales africaines.

Leur objectif commun : mutualiser les expertises et les moyens pour contrer l’insécurité maritime, en particulier dans des zones critiques comme le golfe de Guinée, la mer Rouge, ou encore les eaux stratégiques de l’Afrique de l’Est.

Des défis multiples, une réponse collective

Le ministre Amadou Koné a dressé un diagnostic sans concession : le continent africain souffre d’un déficit de capacités techniques et de coordination opérationnelle. Il a insisté sur la nécessité d’outils partagés de surveillance maritime, d’une transparence accrue dans les registres d’immatriculation des navires, ainsi que d’une application rigoureuse des sanctions internationales, souvent contournées par des réseaux transnationaux bien organisés.

À travers des études de cas présentées par des États comme les Comores et la Sierra Leone, la conférence a mis en lumière les avancées concrètes réalisées localement, mais aussi les limites persistantes.

Ces interventions ont souligné l’importance d’un accompagnement international durable, adapté aux réalités des États côtiers africains.

Une diplomatie maritime renforcée

Inscrite dans une dynamique de diplomatie sectorielle, cette rencontre positionne la Côte d’Ivoire comme un acteur régional moteur dans la promotion de la sécurité maritime.

Le pays, à travers ses engagements, ambitionne de consolider un cadre de coopération entre l’Union africaine, l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC), les Nations Unies et ses partenaires bilatéraux, notamment les États-Unis.

« Il ne suffit plus de s’engager dans des déclarations. Nous devons viser des résultats concrets, mesurables et pérennes », a insisté le ministre Koné.

Il a ainsi appelé à bâtir une architecture maritime africaine crédible, fondée sur la confiance mutuelle, l’échange d’informations en temps réel, et des sanctions dissuasives contre les contrevenants.

L’enjeu : un espace maritime sécurisé au service du développement

Au-delà de la seule dimension sécuritaire, la conférence a rappelé que les enjeux maritimes touchent directement les piliers du développement durable : croissance économique, stabilité régionale, préservation des ressources halieutiques, lutte contre la pollution maritime. En ce sens, la mer est bien plus qu’un espace logistique ; elle est un bien commun mondial.

Le message d’Abidjan est sans équivoque : la protection des mers africaines est une responsabilité partagée, et sa mise en œuvre requiert une solidarité internationale active.

Comme l’a résumé Amadou Koné, en clôture de son allocution : « La mer doit rester un espace de prospérité, de paix et de coopération. »

Davila Y

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