Daloa : l’OIT renforce les capacités des acteurs de l’hévéa en santé et sécurité au travail

0
189

Du 30 mars au 04 avril 2026, 35 acteurs de la filière hévéa ont participé à un atelier de formation sur la sécurité et la santé au travail (SST) à Daloa, dans le but de renforcer leurs compétences et d’améliorer durablement leurs conditions de travail.

Cette initiative est portée par le Bureau international du travail (BIT), organe de l’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec l’État de Côte d’Ivoire et avec l’appui de Eni S.p.A. Le projet vise à promouvoir des lieux de travail sûrs et sains dans la chaîne d’approvisionnement en huile de graines d’hévéa, tout en facilitant l’accès des travailleurs à la protection sociale.

Pendant cinq jours, planteurs, saigneurs, travailleurs agricoles, agents de coopératives et d’entreprises, agents de vulgarisation, responsables d’organisations professionnelles et représentants d’institutions publiques, venus de différentes localités du pays, ont été outillés pour sécuriser les activités de collecte, de transport, de séchage et de valorisation des graines d’hévéa.

L’objectif est double : prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles, et promouvoir des pratiques adaptées aux réalités locales tout en instaurant des mécanismes durables pour sécuriser toutes les activités agricoles et para-agricoles liées à l’hévéa.

Le secteur de l’hévéa reste particulièrement exposé à de nombreux risques, tels que la manutention de charges lourdes, les gestes répétitifs, les chutes, les accidents liés aux outils et au transport, ainsi que l’exposition à la poussière et aux aléas naturels. Une étude menée entre décembre 2024 et mars 2025 par le BIT, avec l’appui d’Eni, avait révélé des lacunes importantes en matière de SST, notamment un manque de sensibilisation, des capacités limitées en prévention et une coordination insuffisante entre les acteurs.

Pour répondre à ces défis, la formation a été dispensée selon la méthodologie WIND (Work Improvement in Neighbourhood Development), une approche participative développée par l’OIT. Basée sur le partage d’expériences et l’apprentissage entre pairs, elle permet aux participants d’identifier eux-mêmes les risques et de proposer des solutions pratiques, efficaces et peu coûteuses pour améliorer leurs conditions de travail.

À l’issue de cette session, les 35 participants sont appelés à jouer un rôle de relais dans leurs localités respectives, avec pour mission de diffuser les bonnes pratiques auprès des autres acteurs impliqués dans la chaîne de valeur des graines d’hévéa.

Comme l’a souligné Bernard Foe Andegue, chargé des programmes et des opérations du BIT en Côte d’Ivoire, représentant le directeur-pays, l’enjeu est d’instaurer une dynamique durable d’amélioration des conditions de travail au sein de la filière.

À cette occasion, Anissa Rakotoarisoa, responsable technique SST et inspection du travail au sein du bureau régional de l’OIT pour l’Afrique, a salué la mobilisation des participants. Elle a rappelé que cette formation vise à accompagner les producteurs, les saigneurs et les ramasseurs de graines dans l’amélioration de leurs pratiques professionnelles, afin de réduire significativement les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Elle a également insisté sur l’importance des plans d’action individuels élaborés par chaque participant, considérés comme un engagement concret à promouvoir une véritable culture de prévention au sein des communautés.

Une mission de suivi est prévue dans les prochains mois pour évaluer les changements opérés sur le terrain et mesurer les impacts de la formation. La session s’est conclue par la remise de certificats aux 35 participants, marquant une étape importante vers une filière hévéa plus sécurisée, plus inclusive et plus performante en Côte d’Ivoire.

Davila Yao

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici