Diabo/Un incendie dévastateur cible l’unité de transformation de riz des femmes. Des mains criminelles pointées du doigt

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C’est un véritable coup dur porté à l’autonomisation de centaines de femmes de Diabo dont l’unité de transformation de riz a été visee par un incendie dévastateur dans la nuit du lundi au mardi 10 juin aux environs de 04 h 30 mn.

L’odieux incendie, nul doute oeuvre de sinistres criminels, a ciblé un camion de transport de produits agricoles. Le véhicule, don du Ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, a été réduit en cendres.

N ‘eut été la prompte intervention des sapeurs-pompiers de Bouaké, le bâtiment principal, de l’usine serait également parti en fumée.

Rebecca Yao, présidente de la société coopérative Diabo Ville Émergente, a de la peine à cacher son amertume et sa détresse. « C’est un coup dur, un coup fatal pour nos efforts, » confie-t-elle, la voix brisée.

Ce camion, réceptionné des mains propres du ministre de l’Agriculture en décembre 2023, était au centre des activités de ces braves femmes qui scrutaient l’avenir avec beaucoup d’optimisme.

L’usine des femmes de Diabo, unique unité de production semi-industrielle de tout le département de Botro, créée en 2020, n’est pas qu’une simple unité de transformation. Elle constitue le cœur d’un programme d’ autonomisation d’environ un millier de femmes de toutes obédience politiques, religieuses et ethniques regroupées au sein de 33 coopératives rizicoles.

Ce projet a permis à ces femmes de tripler leurs revenus, s’affranchissant de la dépendance au manioc et à l’anacarde. .

Il est bon de noter que cet incendie n’est malheureusement pas le premier à déplorer. En 2020 déjà, le bâtiment de l’usine avait été vandalisé et pillé durant la période de désobéissance civile lancée par l’opposition. Rebecca Yao évoque avec amertume un autre incident en 2022, l’incendie d’un engin de pose de goudron à Diabo, une affaire classée sans suite.

La répétition de ces actes malveillants soulève de nombreuses et graves questions. S’agit-il de coïncidences tragiques ? L’usine des femmes de Diabo est-elle délibérément ciblée ? Qui a intérêt à saboter un projet qui sort des centaines de familles de la précarité et donne une dignité aux femmes ? Autant de questions que se pose le citoyen lambda à Diabo.

« Cet incendie n’est pas seulement la perte d’un camion ; c’est une attaque frontale contre l’autonomie économique des femmes rurales et contre le développement de toute une région. Les autorités doivent impérativement mener une enquête rapide et approfondie pour faire toute la lumière sur ce drame et garantir que de tels actes ne se reproduisent plus. L’avenir de 900 femmes et de leurs familles en dépend », conclut la première responsable de la coopérative, Rebecca Yao.

Les responsabilités doivent être situées pour ne plus que ce genre d’action ne se répète pour le bonheur des femmes de Diabo, ce à quoi s’attèle la gendarmerie locale

JPH

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