Environnement marin : à Abidjan, l’ISMI appelle à passer du droit aux actes

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Ils sont venus nombreux, autorités institutionnelles, magistrats, experts juridiques, partenaires internationaux et étudiants, pour réfléchir aux moyens de mieux protéger l’environnement marin et lagunaire en Côte d’Ivoire. Le mardi 13 octobre 2026, à l’Institut de Sécurité Maritime Interrégionale (ISMI), à Abidjan, les participants à la 4ᵉ édition des Journées du Droit, couplée à la Journée mondiale de la mer, ont lancé un appel à l’application effective des textes juridiques pour lutter contre les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes.

Placée sous le thème « Le droit en action pour sauver l’environnement marin et lagunaire », cette rencontre a mis en lumière l’urgence de traduire les dispositions légales en mesures concrètes sur le terrain.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence d’Abroulaye Fofana, secrétaire permanent du Comité interministériel de l’Action de l’État en Mer (SEPCIM-AEM). Il était accompagné du colonel-major Karim Coulibaly, directeur général de l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM), et de Marc Meslin, magistrat de liaison régional près l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, représentant l’ambassadeur.

À l’ouverture des travaux, Abroulaye Fofana a insisté sur la responsabilité collective dans la préservation de l’environnement marin et lagunaire. Pour lui, la protection de ces espaces nécessite non seulement des règles adaptées, mais également leur application rigoureuse afin de produire des résultats tangibles.

De son côté, le colonel-major Karim Coulibaly s’est réjoui de la forte mobilisation des étudiants. Il a également évoqué les avancées enregistrées dans le domaine de la sécurité maritime, notamment l’inauguration du Centre opérationnel intégré de l’Action de l’État en Mer, destiné à renforcer les capacités d’intervention et de coordination des services concernés.

« L’océan gronde, la lagune s’étouffe, la règle juridique doit répondre ! » C’est en ces termes que Marc Meslin a interpellé les participants sur l’urgence d’agir face aux menaces environnementales. Soulignant que la pollution ne connaît pas de frontières, il a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour apporter des réponses efficaces à ces défis.

Des textes juridiques à mieux appliquer

Les échanges ont permis de mettre en évidence les nombreuses pressions exercées sur les écosystèmes marins et lagunaires ivoiriens. Les déchets plastiques, les déversements d’hydrocarbures, les rejets d’eaux usées, la pêche illicite et la surexploitation des ressources halieutiques constituent autant de menaces pour ces milieux essentiels à l’économie nationale.

En effet, la mer et les lagunes jouent un rôle important dans les activités de pêche, le transport maritime, le tourisme et les opérations portuaires. Leur dégradation représente donc un enjeu à la fois environnemental, économique et social.

Pourtant, des instruments juridiques existent déjà, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite Convention de Montego Bay, la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL), ainsi que plusieurs textes nationaux.

Pour les intervenants, le principal défi réside désormais dans l’application effective de ces dispositions. Cela passe notamment par le renforcement des contrôles des navires et des installations portuaires, la lutte contre la pêche illicite, la répression des rejets polluants et une meilleure coopération entre les États riverains.

Les étudiants au cœur de la réflexion

Organisée en partenariat avec l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), l’ARSTM, l’ambassade de France en Côte d’Ivoire et le ministère de la Justice, cette édition a également accordé une place importante aux étudiants.

Ceux de l’UFHB, de l’Institut universitaire de pêche et d’aquaculture (IUPA) et de l’ARSTM ont ainsi pris part aux échanges autour des enjeux juridiques et environnementaux liés à la protection du milieu marin.

Futurs magistrats, juristes, officiers de marine et acteurs de la gouvernance maritime, ils sont appelés à contribuer à la mise en œuvre des règles destinées à préserver les ressources naturelles et à garantir une exploitation durable des espaces maritimes et lagunaires.

Au terme de cette rencontre, un message majeur s’est dégagé : la protection de la mer et des lagunes ne peut reposer uniquement sur l’existence de textes juridiques. Elle exige une application rigoureuse des lois, une coopération entre les acteurs concernés et un engagement collectif pour concilier développement économique et préservation de l’environnement.

Davila Y

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