Foncier rural : Facobly veut éviter les conflits de demain

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À Facobly, les autorités administratives, les élus, les cadres et les responsables de mutuelles entendent accélérer la sécurisation des terres rurales afin de prévenir les conflits fonciers qui menacent la cohésion sociale dans plusieurs localités du département. Réunis le samedi 23 mai 2026 à l’Hôtel Belle Côte d’Angré, à Abidjan, les différents acteurs ont fait le point sur l’état d’avancement du Programme de Renforcement de la Sécurisation Foncière Rurale (PRESFOR), conduit par l’Agence Foncière Rurale (AFOR).

Cette rencontre a permis de dresser un bilan des opérations menées sur le terrain par le groupement Terra Vital-CGE Sotti, opérateur technique chargé de la mise en œuvre du programme dans le département. Depuis près d’un an, les équipes sillonnent les villages des cinq sous-préfectures de Facobly pour sensibiliser les populations, délimiter les territoires villageois et enregistrer les demandes de certificats fonciers.

À l’ouverture des travaux, le député de Facobly, l’honorable Sehi Gaspard, a insisté sur l’importance du PRESFOR pour l’avenir du département. Selon lui, la certification foncière constitue aujourd’hui un outil indispensable pour protéger les droits coutumiers des propriétaires terriens et réduire les tensions liées à l’occupation des terres agricoles.

« Si nous ne sécurisons pas nos terres aujourd’hui, nous préparons les conflits de demain », a-t-il averti devant les participants.

Dans la région du Guémon, le programme vise la sécurisation de plus de 263 000 hectares de terres rurales, dont 57 330 hectares pour le seul département de Facobly. Les responsables du projet ont rappelé que le PRESFOR, financé par la Banque mondiale, prend fin en 2028, d’où l’urgence d’accélérer les opérations.

Selon le chef de projet, Kouassi Bernadin, plus de 4 090 demandes de certificats fonciers ont déjà été enregistrées dans le département, soit 36 % des objectifs fixés. Les villages de Koua, Séambly et Kaokossably figurent parmi les localités les plus mobilisées.

Malgré ces avancées, plusieurs difficultés freinent encore la progression du programme. Les équipes de terrain évoquent notamment des conflits de limites entre villages, la désinformation, l’attentisme des populations et surtout les inquiétudes liées à l’accès des allogènes ou des étrangers aux certificats fonciers.

Cette préoccupation a largement dominé les échanges lors de la rencontre. Plusieurs participants ont estimé que les populations restent méfiantes tant que les conditions d’éligibilité au certificat foncier ne sont pas clairement comprises.

Face à ces préoccupations, les responsables du PRESFOR ont tenu à rassurer les participants. Ils ont rappelé que le programme est entièrement gratuit pour les populations et que les procédures d’attribution des certificats sont strictement encadrées par la loi.

Les échanges ont également permis de souligner le rôle essentiel des Comités Villageois de Gestion Foncière Rurale (CVGFR) et des autorités coutumières dans la prévention et la gestion des litiges fonciers.

À l’issue des discussions, les responsables des mutuelles et les cadres du département se sont engagés à renforcer les actions de sensibilisation dans les villages afin d’encourager une plus forte adhésion des populations au processus de certification.

Pour les initiateurs du projet, la sécurisation des terres rurales apparaît désormais comme une nécessité pour préserver durablement la paix sociale et éviter les conflits fonciers de demain dans le département de Facobly.

Davila Y

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