Législatives 2025/Et le poison identitaire refait surface

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Et c’est reparti. Comme une mauvaise saison qui revient toujours trop vite. La campagne pour les élections législatives bat son plein et, dès l’ouverture officielle, les états-majors battent le rappel des troupes, la fièvre monte, les micros chauffent… et la raison, elle, prend déjà la tangente.

Au lieu d’un débat d’idées, de projets structurants et de visions claires pour les populations, c’est un flot d’invectives qui envahit l’espace public. Des discours à relents tribalistes, parfois ouvertement xénophobes, sont servis sans vergogne à des citoyens déjà fragilisés par les incertitudes du quotidien.

Certains se découvrent une vocation tardive de « sauveurs de la tribu », de chantres autoproclamés de la préférence nationale, dans une rhétorique si abjecte qu’elle ferait pâlir de jalousie Joseph Goebbels. Une parole dangereuse, héritière des pires traditions du national-socialisme, recyclée sans complexe sous nos latitudes.

Pour d’autres, la mécanique est tout aussi grossière : le bouc émissaire est tout trouvé. L’étranger. L’envahisseur. L’artisan fantasmé du « grand remplacement » qui menacerait l’Ivoirien dit « pur jus », « pur sang ».

Ainsi, le débat politique se réduit au délit de faciès, au délit d’accoutrement, au délit de patronyme. Une dérive inquiétante, symptôme d’une faillite intellectuelle chez des politiciens à courte vue, en panne d’arguments et de propositions crédibles.

« Divide et impera », disaient déjà les Latins. Diviser pour régner. Tel est leur credo. Peu importe la cohésion sociale. Peu importe le vivre-ensemble. Peu importe les fractures qu’ils creusent dans le corps social. Tout cela peut attendre. Demain, peut-être. Ou jamais.

Pendant ce temps, les Ivoiriens se regardent de plus en plus en chiens de faïence. La méfiance s’installe, la sérénité quitte nos villes, nos villages et nos campements. Les mots, devenus des armes politiques, préparent des lendemains qui déchantent.

À ces politiciens de malheur, à ces vendeurs de haine à bas prix électoral, il faut dire sans détour : ça suffit. La Côte d’Ivoire mérite mieux que cette politique de pacotille, mieux que ces apprentis pyromanes déguisés en candidats.

La seule chose qu’ils méritent désormais, c’est une camisole de force électorale. Et la sanction dans les urnes. Pour les empêcher de nuire. Et pour laisser, enfin, la place au débat. Le vrai.

Avec Jean-Claude Coulibaly

NB/Titre modifié par la Rédaction

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