Libre opinion: « Mon protocole me dit que vous êtes déçus, mais ce sera la prochaine fois »

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Le Président de la République avait rendez-vous avec les deux chambres du Parlement ivoirien réuni en Congrès pour faire l’état de la nation. C’est un exercice solennel qui, en principe, a lieu chaque année. Le point sur les réalisations menées par le gouvernement. En pratique, il peut être aussi une fenêtre pour annoncer des perspectives. Comme ce fût le cas en 2022 où le chef de l’État avait ainsi dévoilé le nom de son vice-président. Mais le Président est le seul à définir le contenu de son discours. Et le chef de l’Etat s’est prononcé sur la marche de notre pays. C’est un exercice constitutionnel. Celui-là était le quatrième du genre depuis son accession au pouvoir d’État. En se présentant ce mardi devant les députés et les sénateurs, le numéro un du pays a donné un symbole fort à ses concitoyens. Le respect de la Constitution. Autrement dit, il pouvait se faire représenter. De ma petite tribune, j’ai vu des personnes se précipiter pour dire que son adresse était vide. Là-dessus, il faut leur laisser la liberté de leurs fantasmes. Rien d’étonnant sous nos tropiques. Ah, la politique ! Un spectacle où les rôles sont bien définis : bien entendu le pouvoir gouverne et l’opposition… s’oppose. Imaginez un instant que cette opposition ait applaudi ce discours… Le ciel se serait effondré sur nos têtes. De toutes les manières, depuis quand une opposition a-t-elle applaudi un discours présidentiel en Côte d’Ivoire ? Surtout quand elle n’a pas entendu ce qu’elle espérait: le retrait de Ouattara de la course et la réhabilitation totale de leur champion à qui on allait dresser tout de suite le tapis rouge. Mais le président a préféré faire le bilan des projets et des avancées économiques, douchant froidement l’opposition. Imaginez leur frustration ! Ils attendaient une retraite et non un bilan. Du coup les pauvres ont perdu leur latin et se sont lancés dans des critiques et diatribes creuses. Les réussites du RHDP sont les échecs du FPI (devenu Ppa-Ci). Si la sécurité, l’électrification, les infrastructures éducatives, la baisse du taux de pauvreté, la CAN… tout ça, c’est du concret. Nier ces évidences, c’est de la pure mauvaise foi.  𝑸𝒖𝒂𝒏𝒅 𝒐𝒏 a fini d’𝒆́𝒄𝒐𝒖𝒕𝒆r 𝑺𝒐𝒖𝒎𝒂𝒊𝒍𝒂 𝑩𝒓𝒊𝒏𝒅𝒐𝒖𝒎𝒊, Chrysostome Blessy et Michel Gbagbo, 𝒐𝒏 𝒂 eu 𝒍𝒆 𝒔𝒆𝒏𝒕𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒒𝒖’𝒐𝒏 𝒃𝒓𝒐𝒖𝒕𝒆 𝒅𝒆 𝒍’𝒉𝒆𝒓𝒃𝒆 𝒆𝒏 𝑪𝒐̂𝒕𝒆 𝒅’𝑰𝒗𝒐𝒊𝒓𝒆. Je comprends maintenant depuis ma petite tribune pourquoi ces hommes ne peuvent pas remplir une cabine téléphonique lorsqu’ils appellent à une manifestation. Dommage, oui dommage que ce soit la spécialité de l’opposition. Les Ivoiriens ont qui vu l’opposition à l’œuvre et ne sont pas prêts à leur redonner une autre chance au risque de réduire totalement le pays en lambeaux. Désolée, il faudra encore patienter. « Mon protocole me dit que vous êtes déçus, mais ce sera la prochaine fois ». Moi je note bien que cette adresse visait surtout à faire le point de l’action gouvernementale. Sur ce point, je mettrai 10/10 au Président parce que tous les pans de la marche de la nation ont été abordés. Ce discours ou si vous voulez bien, cet exercice constitutionnel est différent d’un message de fin d’année, de fête du travail et d’une adresse lors d’une fête de souveraineté (indépendance). Il est encore plus différent d’un discours devant les militants de son parti. Le numéro un ivoirien en se limitant à l’état de la nation est resté constant, égal à lui-même. Quelques fois, de ma petite tribune, je me demande si nous Ivoiriens connaissons vraiment le fonctionnement de notre Président. Pour cette année 2024, il parlera quatre fois au lieu de trois fois. Il s’agit de cet exercice de la loi suprême de ce jour et ses trois prises de paroles traditionnelles (fin d’année, fête du travail, et fête d’indépendance). En dehors de ces rendez-vous bien connus, ou du moins qui devaient l’être, Ouattara n’a pas le temps de bavarder, occupé qu’il est à travailler pour son peuple. Et Dieu seul sait qu’il travaillera pour ce peuple jusqu’à la dernière seconde de son mandat qui n’allait pas prendre fin aujourd’hui dans tous les cas. Au fond, que reproche-t-on à ce discours ? De ma petite tribune, je veux bien savoir qu’est ce qui urge pour que le Président annonce ici et maintenant qu’il sera candidat ou qu’il ne sera pas, alors que nous sommes au moins à un an et demi de la présidentielle ? S’agissant du cas d’un candidat qu’on voulait qu’il traite également aujourd’hui, pourquoi on n’inverse pas la tendance qui aurait voulu que ce candidat, pas n’importe lequel, pour avoir dirigé ce pays avant lui, attende qu’une loi soit prise d’abord par celui qui détient le bic, (l’expression est de ce candidat) pour l’autoriser à candidater ? Haut perché sur ma petite tribune, je note que ces deux questions de candidatures n’ont rien à voir avec l’état de la nation. Au besoin, selon le petit Larousse, “état” de l’ancien français estat, issu du latin status, désigne la disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire. Par extension, on peut dire que c’est l’ensemble des valeurs permettant de décrire un système à un instant donné, par opposition à ce qu’il était l’instant d’avant et ce qu’il sera l’instant d’après. La “nation”, selon le même petit Larousse, est l’ensemble des personnes d’un même peuple qui se trouvent dans un pays. C’est aussi une communauté humaine qui se reconnaît des traits communs, culturels ou ethniques, au nom desquels elle veut constituer une entité politique souveraine. De ma très petite tribune, je ne sais pas pourquoi et comment le Président devait aborder une autre question. Si le Président avait choisi de les évoquer, il se serait mis lui-même hors sujet. Cela fort heureusement, n’est pas coutumier chez cet homme méthodique et fin communicateur. La marche de la nation aujourd’hui, ce sont les grandes questions de la sécurité avec surtout la menace djihadiste, la cherté de la vie, les problèmes d’électricité, le changement climatique, la santé économique du pays, l’école, la santé, le logement, le transport, les routes et ponts, l’environnement, les ressources minières et pétrolières, la CAN de l’hospitalité (notre CAN), le décès de son ainé, le Président Henri Konan Bédié et d’autres illustrés fils du pays emportés par la grande faucheuse et j’en passe. Le Président a-t-il évoqué ces questions oui ou non ? On me dira qu’il pas proposé de solutions à certaines. Pour moi si. Après avoir félicité les Ivoiriens pour le travail abattu qui place le pays parmi les meilleurs en Afrique, il les à exhortés à faire davantage. De ma petite tribune, moi j’ai noté vingt et une (21) points des grandes articulations de l’État de la nation avec des chiffres précis que certains malins ont mis en doute, préférant les chiffres de leurs propres officines. D’autres malins, eux, ont préféré prioriser les problèmes du lieu où leur placenta a été enterré après leurs premiers vagissements. Normal que pour eux, le discours du Président était plat, vide, incongru… Apprenons chers Ivoiriens à ne pas voir la politique partout. En voulant vaille que vaille à minimiser les progrès pourtant palpables réalisés, l’opposition ne fait que révéler son incapacité notoire à proposer une alternative crédible. Les nombreux avantages dont bénéficient les citoyens, y compris ceux de l’opposition, résultent directement des efforts du chef de l’État. Au lieu de critiquer sans fondement, il serait plus constructif de reconnaître quand même ces avancées et de travailler ensemble à renforcer ces acquis pour le bien de tout le monde. Les efforts du chef de l’État méritent d’être salués plutôt que d’être mal jugés. Que chacun continue de faire ce qu’il a à faire. La présidentielle, c’est encore dans 18 longs mois devant. 

« MON PROTOCOLE M’A DIT QUE VOUS ÊTES DECUS, MAIS CE SERA LA PROCHAINE».

JPH

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