Libre opinion/Tabouret ou fauteuil

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Je vous adresse mon salut de ma toute petite tribune. Aujourd’hui, regardons-nous droit dans les yeux et parlons de tabouret et de fauteuil. Il est parfois légitime de demander au tenant du pouvoir de céder son tabouret ou si vous voulez, son fauteuil à un autre, surtout quand ce dernier a montré son incapacité notoire à diriger, à faire montre de bonne gouvernance ou si son mandat a pris fin dans les limites imposées par la loi suprême, (la constitution). Sous nos tropiques j’en suis à me demande si cela a toujours été le cas. Franchement et sans faux fuyants, posons-nous et reposons-nous la question. Aujourd’hui dans mon pays des voix se lèvent pour demander le départ du Président de la République Alassane Ouattara. Quand vous leur demander pourquoi, sans vous donner un seul petit argument de valeur, ils vous diront qu’il a fini ses deux mandats. Parfois ils reviendront avec d’autres chansons qui n’ont pas fait du tout du bien à notre pays. Ces sirènes ont plutôt dangereusement balafré la nation ivoirienne. Autrement dit, on demande à Alassane Ouattara de quitter le pouvoir pour le quitter. On se moque de son bilan. On n’en a que faire. De ma petite tribune j’observe tous ces faiseurs de rois qui n’attaquent pas le fils de Nabintou Cissé sur son bilan « inattaquable ». Il faut qu’il libère le tabouret, un point, un trait. Tabouret ? Parlons-en. A-t-on vraiment compris le sens du tabouret ? Assurément non. Le premier Président dont tout le monde s’accorde à reconnaître la grande sagesse, n’a pas fait les choses au hasard en symbolisant le pouvoir du chef par un tabouret. Dans sa société à lui, tout avait une place. Il a symbolisé  le pouvoir par un tabouret. Et le tabouret dans toute l’Afrique en général, n’est pas occupé par n’importe qui. Du nord au sud, de l’est à l’ouest en passant par le centre, le tabouret est destiné au chef. C’est pourquoi lors de son installation officielle, on fait asseoir le nouveau chef sur un tabouret. C’est dans cette vision que le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne a symbolisé la gouvernance. Il avait matérialisé le palais de la Présidence, lieu de travail du Président de la république, chef suprême de la Côte d’Ivoire, endroit où il exerce ses prérogatives par le tabouret royal. Il n’y a qu’à bien regardez l’architecture du premier palais présidentiel au Plateau, regardez bien. Si vous observer comme moi, de ma petite tribune, vous verrez un tabouret royal. C’est ce tabouret qu’ont occupé tous les présidents qui se sont succédé à la tête de notre pays. Partant, toutes les autres responsabilités, qu’on soit chef de campement, de village, de quartier, de canton, président d’institution, ministre, députés, maire et que sais-je encore, à l’instar du chef de l’Etat, sont aussi assis sur des tabourets en miniature. En tout cas telle est ma vision du tabouret. Le fauteuil du blanc ne symbolise pas le pouvoir chez nous. Celui qui libère le tabouret pour le fauteuil ou le canapé de l’oncle Sam, n’est pas un chef chez nous. Celui-là n’a rien compris au commandement ou à la chefferie. Le roi chez nous n’est pas assis dans un fauteuil mais sur un tabouret. Ce tabouret diffère de par sa forme, d’une tribu à une autre, mais il garde le même sens. Le sens de la chefferie, de la royauté. Franchement ce pan de notre tradition devait être su de ceux qui aspirent à diriger notre pays. L’ignorer pour moi doit être considéré comme un sacrilège. Cela voudrait aussi traduire qu’on n’ a rien compris dans le commandement. C’est cela qui a perdu certains petit politiciens dans notre pays. En voulant coûte que coûte occuper le tabouret du père, eux encore des « Blakoro » entendez des enfants, se sont grillés. Quand ton père te dit « blakoro » tu ne cours pas lui répondre par des propos injurieux. Le renier est encore plus grave, parce que jamais on aura un autre père. Si un vous accepte, il sera votre père adoptif, pas votre père. C’est une question de l’original et de la photocopie comme on dit chez nous. Emprunter cette voie, c’est également des puérilités. Franchement. Si le père ne répond pas, comprends bien. Ce n’est pas de la faiblesse. Lui ne peut pas te renier, parce que quoi que tu fasses, tu demeures son fils. Chez les Akan, on dit qu’un chef, après avoir craché, ne peut pas revenir laper son crachat. L’enfant égaré qui revient à la maison est un enfant prodige. Mille fois parti après des figues, mille fois il sera reçu par le père à son retour. Si le fils refuse définitivement de ne pas revenir, alors c’est lui qui est damné. Et demain ne soyez pas surpris que la monnaie de votre damnation soit que votre enfant à vous, vous fasse la même chose. Il y a un temps à tout et pour tout et ce temps arrive ou doit arriver toujours. Comprenne qui voudra.

Tabouret ou fauteuil, pas du tout la même signification.

« Wo pou kpindou », du Tagbana en Français, « A demain ».

JPH

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