Dans un contexte marqué par une recrudescence des accidents de la circulation en Côte d’Ivoire, le ministre des Transports, Amadou Koné, a présidé la première réunion 2025 de la Commission nationale de sécurité routière (CNSR). Une rencontre stratégique destinée à relancer cette instance, en sommeil depuis plusieurs mois, et à impulser une nouvelle dynamique fondée sur l’anticipation, la coordination des actions et le renforcement des dispositifs de prévention.
Réunis au 21ᵉ étage de l’immeuble Postel 2001, les représentants des ministères clés (Intérieur, Défense, Santé, Équipement), les services de secours, les directions techniques, ainsi que des partenaires technologiques comme Quipux et Huawei, ont répondu à l’appel. Le constat posé en début de séance est sans appel : les indicateurs sont au rouge.

Un cap clair : de la réaction à la prévention
Dans son adresse, Amadou Koné a lancé un appel fort à la responsabilité collective : « On ne peut plus se contenter de compter les victimes après chaque drame. Il faut agir en amont, réfléchir à la manière dont cette commission peut fonctionner de façon efficace. »
Le ministre a mis l’accent sur plusieurs priorités : Une coordination plus fluide entre les acteurs ; L’utilisation optimale des outils technologiques disponibles ;La collecte structurée des données d’accidents ; La réactivation des comités locaux de sécurité routière ;Le respect strict du code de la route.
Il a également insisté sur l’intégration du ministère de l’Équipement aux travaux de la CNSR, rappelant que la sécurité routière ne peut être dissociée de l’état des infrastructures, de la signalisation et de la qualité des équipements.
Une stratégie à redynamiser face à des chiffres inquiétants
La stratégie nationale de sécurité routière, adoptée en 2021, vise une réduction de 25 % des accidents à l’horizon 2025, et de 50 % d’ici 2030. Mais les progrès sont fragiles.
Selon le bureau OSER, les données de l’année 2024 indiquent une hausse de : 8 % des accidents, 14 % des décès, 17 % des blessés.
Le premier semestre 2025 confirme cette tendance, avec des victimes majoritairement issues des populations les plus vulnérables : piétons, usagers de deux-roues, passagers de transport en commun. Ensemble, ces groupes représentent 90 % des décès et des blessés sur les routes.
Technologies et législation : des outils sous-exploités
La réunion a été l’occasion de présenter les avancées du Système de Transport Intelligent (STI), notamment la vidéo-verbalisation, les radars, et les plateformes de signalement en ligne, déjà en déploiement dans le Grand Abidjan. Mais leur efficacité reste conditionnée à une meilleure synergie entre les acteurs.
Autre innovation en discussion : un Registre national des infractions routières, soutenu par un projet de décret. Ce fichier centralisé permettrait de tracer les contrevenants, croiser les données, et renforcer le suivi des infractions à travers les régions.

Bientôt un séminaire national à Yamoussoukro
Pour transformer les engagements en actions concrètes, un séminaire national sur la sécurité routière se tiendra du 4 au 6 juillet 2025 à Yamoussoukro. Il rassemblera les préfets, forces de l’ordre, directions régionales et professionnels du transport autour d’une feuille de route commune, avec des actions mesurables.
Dans l’attente, chaque entité représentée est appelée à s’approprier les outils existants, à appliquer les textes, et à contribuer à la mise en œuvre effective de la stratégie.
Une nouvelle mission pour la CNSR
Créée par le décret n°2017-71 du 1er février 2017, la Commission nationale de sécurité routière voit aujourd’hui son rôle réaffirmé. Elle est désormais placée sous le signe de l’efficacité opérationnelle, du partage de données, et de l’anticipation stratégique. « Il ne s’agit plus seulement de tenir des réunions. Il faut des résultats. Chaque panneau manquant, chaque carrefour mal éclairé, chaque excès de vitesse toléré peut coûter une vie. Il est temps de prendre nos responsabilités, collectivement », a conclu Amadou Koné.
Davila Y













