Tiébissou/Kondéyaokro : L’Ong E’moh célèbre la santé maternelle avec la 4ᵉ édition de « Mi Aoullietchin »

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Une ambiance empreinte d’émotion, d’engagement et de solidarité a marqué la 4ᵉ édition de l’initiative humanitaire « Mi Aoullietchin », organisée par l’Ong E’moh au centre de santé urbain de Kondéyaokro le vendredi 1er août 2025, dans le département de Tiébissou. Une journée riche en actions sociales concrètes à l’endroit des femmes enceintes et des populations locales, avec au programme : consultations prénatales, échographies gratuites, dépistage du cancer du col de l’utérus, sensibilisations communautaires et distribution de plus de 150 kits bébé.


L’événement a mobilisé un large public, composé du corps préfectoral, de professionnels de santé, de partenaires techniques, de donateurs, ainsi que d’une population venue nombreuse pour participer ou témoigner de l’importance de cette campagne humanitaire.


Une initiative née de la douleur, portée par la volonté de soulager
Prenant la parole avec émotion, Mme Solange Kouamé, présidente de l’Ong E’moh, est revenue sur la genèse de ce projet.« En 2020, nous avons mené une simple action caritative. Mais face à la détresse des femmes enceintes que nous avons rencontrées, nous avons décidé de structurer notre engagement en créant l’Ong E’moh. On néglige tellement de maladies qui nous tuent à petit feu. Donc, on veut être là, on veut sensibiliser pour que ces femmes-là puissent vraiment se prendre en charge, veiller sur elles-mêmes et se rendre dans les centres de santé pour se faire soigner, pour qu’il y ait des prises en charge. Parce qu’on ne peut pas être dans un village, avoir un centre de santé que le gouvernement a mis en place pour nous, et puis ne pas fréquenter ces centres de santé. On affecte des agents de santé qui sont payés par le gouvernement, ces agents de santé doivent vraiment assister la population. Mais si la population ne vient pas vers ces agents de santé, c’est difficile. C’est difficile de faire passer le message, c’est difficile de faire les prises en charge, c’est difficile de soigner, c’est pour ça que nous venons appuyer ce que le gouvernement met en place. Depuis, nous œuvrons avec les moyens du bord pour soutenir les mères et futures mères», a t’elle expliqué.


La présidente a salué le soutien de plusieurs donateurs et partenaires, tout en appelant de nouveaux soutiens pour élargir l’impact de cette initiative.« Nous fonctionnons encore majoritairement sur fonds propres. Pour toucher plus de femmes, dans plus de localités, nous avons besoin d’appuis institutionnels et d’entreprises partenaires»


Santé mère-enfant : priorité aux consultations et au dépistage
L’accent mis sur la santé maternelle a été réaffirmé par les différents intervenants. Le docteur Bohoussou Germain, membre du Lion’s Club Soubré la Nawa, partenaire technique de l’événement, a souligné la pertinence du projet.« Trop de femmes arrivent à l’hôpital au dernier moment, sans préparation ni moyens. Ce programme vient répondre à une urgence vitale : donner la vie dans la dignité et en sécurité», a t’il fait savoir, avant d’insister sur la nécessité de rompre les tabous autour de certaines maladies.« Le cancer du col de l’utérus tue en silence. Il est temps d’en parler, de sensibiliser, car plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont élevées», a t’il insisté. Même son de cloche du côté du personnel soignant. M. Sylla Moussa, infirmier diplômé d’État et responsable du centre de santé de Kondéyaokro, a salué la mobilisation.« Près de 200 femmes enceintes ont été prises en charge durant cette journée. Nous encourageons les femmes à respecter les six consultations prénatales recommandées par le ministère de la Santé».


Un message fort aux femmes et aux décideurs
Pour Kouakou Koffi Elvis, président de la mutuelle de développement de Kondéyaokro, cette édition est une bénédiction.« Nos femmes ont besoin de soutien, et cette initiative redonne espoir et dignité à celles qui donnent la vie».


La voix des bénéficiaires a été portée par Kouadio Ahou Marie Claire, jeune mère bénéficiaire.« Nous disons merci à l’Ong E’moh. Nous serons les relais auprès de nos sœurs pour les inciter à se rendre régulièrement au centre de santé».


En clôture, Mme Mel Marcelle, secrétaire générale de la préfecture représentant le préfet de Tiébissou, a transmis les encouragements de l’autorité préfectorale.« Cette initiative vient renforcer les efforts du gouvernement pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Nous saluons le travail de l’Ong E’moh et invitons les femmes à consulter dès les premiers signes de grossesse».


La 4ᵉ édition de Mi Aoullietchin, en mettant la lumière sur les besoins fondamentaux des mères et des enfants, a démontré qu’un engagement citoyen, même modeste à l’origine, peut se transformer en levier puissant de transformation sociale. Une 5ᵉ édition est déjà annoncée, avec l’espoir de plus de partenaires et de bénéficiaires, pour continuer à semer la vie dans la dignité et la sécurité.

Yero Kouadio

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