La Côte d’Ivoire poursuit sa marche vers une mobilité plus propre et plus durable. Réunis le 9 juin 2026 au bureau abidjanais du Groupe de la Banque mondiale, représentants de l’État, partenaires techniques et acteurs du secteur privé ont validé un diagnostic stratégique du marché de l’électromobilité, ouvrant la voie à de nouvelles réformes et investissements en faveur des transports décarbonés.
Représenté par son Conseiller technique et coordonnateur principal du Projet FEM n°11042, Bohoussou Georges, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a réaffirmé l’engagement du gouvernement ivoirien à faire de l’électromobilité un levier majeur de la transition énergétique et de la souveraineté énergétique nationale.
Placée sous le thème « Analyses de marché et de données au service de la conception des politiques publiques et de l’investissement », cette rencontre a permis de dresser un état des lieux du secteur et d’identifier les actions prioritaires pour accélérer l’adoption des véhicules électriques en Côte d’Ivoire.
Dans son message, le ministre Amadou Koné a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec une part de 10 % de véhicules électriques dans le parc automobile national à l’horizon 2030 et 12 % en 2035. Ces engagements figurent dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030 ainsi que dans les Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0).
Pour atteindre ces objectifs, le pays s’est doté d’un cadre réglementaire renforcé, notamment à travers le décret n°2024-326 du 22 mai 2024 portant promotion de l’usage des moyens de transport électriques et des infrastructures de recharge. Ce texte prévoit des mesures d’incitation, le déploiement progressif de bornes de recharge ainsi qu’une gestion durable du cycle de vie des véhicules et des batteries.
Plusieurs initiatives concrètes témoignent déjà de cette dynamique. Une étude réalisée avec l’appui d’Expertise France a confirmé la possibilité d’intégrer plus de 5 000 véhicules électriques au sein de l’administration publique d’ici à 2030. Parallèlement, un projet de transport intégré à faibles émissions, soutenu par la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), est en préparation.
Au cœur de cette stratégie figure également le Projet FEM 11042 « Intégration de la mobilité électrique à partir des énergies renouvelables », lancé en 2024. Celui-ci concerne six villes pilotes : Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, San Pedro et Odienné.
Au-delà du véhicule électrique, le gouvernement inscrit cette transition dans une vision globale de la mobilité durable. Celle-ci repose notamment sur la réalisation du Métro d’Abidjan, le développement du Bus Rapid Transit (BRT) Est-Ouest, la modernisation des transports artisanaux et la digitalisation des services de transport.
Partenaire clé de cette transformation, la Banque mondiale, à travers la Société financière internationale (SFI), a présenté plusieurs outils d’analyse destinés à accompagner les décideurs publics dans l’élaboration des politiques et l’identification des segments les plus prometteurs du marché, notamment les transports publics et les deux-roues électriques.
La validation du diagnostic sectoriel et des recommandations formulées par les experts marque une étape importante dans la construction d’un écosystème favorable à l’électromobilité. Si des défis subsistent, notamment en matière de financement, d’infrastructures de recharge et de réglementation, la Côte d’Ivoire affiche sa volonté de les relever avec méthode et en partenariat avec les institutions internationales.
À travers cette démarche, le pays confirme son ambition de devenir l’un des acteurs majeurs de la mobilité verte en Afrique de l’Ouest et de faire de la transition énergétique un moteur de son développement durable.
Davila Yao













