Transport routier/Abdoulaye Sylla (Pdt de la FENSC-CI). ‘’Voici ce que nous attendons du nouveau gouvernement’’

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Abdoulaye Sylla, président de la Fédération Nationale des Syndicats de Conducteurs de Côte d’Ivoire (FENSC-CI), par ailleurs gérant de la compagnie Sylla Express, se réjoui des reformes opérées dans le secteur du transport routier par le ministre des transports et demande au nouveau gouvernement de se pencher sur le renouvellement du parc automobile vieillissant.

Comment réagissez-vous face à la récente augmentation des prix du carburant ?

Je remercie d’entrée le Président de la République et son gouvernement qui font beaucoup d’efforts pour nous. Depuis près d’une année, l’Etat subventionne le prix du pétrole surtout le gasoil. Dans des autres pays, le prix du carburant est à 800 ou 900 voir 1000 FCFA. L’Etat à travers le ministre des transports, nous a signifié que s’il n’y a pas d’augmentation, il aura pénurie de carburant en Côte d’Ivoire. Déjà l’Etat a subventionné le coût du pétrole à 700 milliards de FCFA. Je demande donc aux transporteurs de ne plus rouler à vide. Ils doivent faire le chargement des véhicules pour supporter les charges.

Comment expliquez-vous la menace de grève  de certains transporteurs suite à l’augmentation des prix du carburant ?

Les grèves font partie du rôle des syndicats. Elles viennent au dernier moment. Nous avions tous reçu les informations concernant l’augmentation du pétrole. Faire grève dans cette période, c’est ne pas être reconnaissant au président de la République. C’est vrai que l’augmentation constitue un manque à gagner pour nous, mais vu les efforts que l’Etat a fait, je pense qu’il ne faut pas encourager les grèves.

Quel a été le rôle du Haut Conseil dans les négociations?

Le Haut Conseil était obligé d’intervenir parce que c’est le seul interlocuteur des transporteurs auprès du ministère des transports. Il a rencontré les meneurs de cette grève en gestation pour les convaincre à surseoir à leur mouvement. Dans les discussions avec le ministre des transports, les transporteurs ont posé des préoccupations. A savoir: la réduction du coût du pavillon (22.500 FCFA), la lutte contre la tracasserie routière, la réduction des points de contrôle excessif des forces de sécurité sur les routes.  Sans oublier la police municipale qui s’adonne aussi à la tracasserie. Tout cela vient augmenter les charges des transporteurs.  En retour les transporteurs ont reçu la promesse que quelque chose sera faite à ce niveau.

Si vos préoccupations ne sont pas prises en compte, pourrait-on pas assisté à une hausse des tarifs du transport ?

L’augmentation des tarifs du transport ne peut pas être effective parce qu’il y a la concurrence dans le secteur du transport routier. On trouve plusieurs compagnies de transport sur les différentes lignes. Les tarifs diffèrent d’une compagnie à l’autre. Par exemple le tronçon Abidjan- Bouaké, il y a des compagnies qui peuvent accepter les tarifs de 4.000 FCFA,  5.000 FCFA et 6.000 FCFA. Quand tu augmentes le tarif du transport, tu perds la clientèle et tu ne peux pas faire face aux charges. Dans la ville d’Abidjan à part les heures d’affluence, le tarif du transport baisse. Le client même propose combien il a comme titre de transport.  Il n’y a pas de problème à ce niveau. Là où, il y a crainte, c’est l’augmentation des prix  des intrants (lubrifiants, pièces de rechange…).

Comment réagissez-vous à la reconduction de votre ministre de tutelle dans le nouveau gouvernement ?

Le ministre Amadou Koné depuis son arrivée à la tête des transports en 2017, a fait beaucoup de reformes. Au niveau de la visite technique, il y a deux opérateurs et un troisième opérateur est en route. A la visite technique, il y a 240 points de contrôle. Avec les véhicules vieillissants, c’était difficile avec un seul opérateur à l’époque. On assistait à une sorte de tracasserie à la visite technique. Aujourd’hui avec l’arrivée d’un deuxième opérateur, il y a la concurrence. On ne regarde que les points importants. A savoir; l’identification du véhicule, la direction du véhicule, les pneus et les phares. Nous disons merci au ministre pour toutes ces reformes. Nous comptons sur lui pour  l’application des décrets concernant d’autres reformes. On a pensé que  le permis à points était dirigé contre nous. Depuis le mois de mars, aucun point n’a été retiré à nos chauffeurs.  On continue la sensibilisation et le comportement de nos chauffeurs est entrain de changer. Avec l’annonce des états généraux du transport, nous pensons que tous nos problèmes trouveront des solutions. Donc nous remercions le président de la République et le Premier Ministre pour la reconduction du ministre Amadou Koné au transport.

Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement ?

Nous attendons l’effectivité du renouvellement du parc automobile à cent pourcent parce que l’Etat n’en fait pas une priorité. Il a mis l’accent sur la construction des infrastructures routières. Nos véhicules sont vieillissants. Nous attendons de l’Etat au moins 2000 à 3000 véhicules par an. Nous remercions déjà le ministre pour la formation de recyclage gratuit de 2000 chauffeurs à l’Institut de formation de la Sotra.

Quel appel lancez-vous?

C’est bientôt la fin d’année, nous appelons les chauffeurs à la prudence sur les routes et au respect du code de conduite. En ces temps de pluie, la chaussée est glissante. Il faut aller doucement, car nous sommes pressés.

Entretien réalisé par

N’G.K

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