L’annonce de la hausse des prix du carburant, le 31 juillet dernier, a ravivé les inquiétudes dans le secteur du transport routier. Entre la menace d’une grève, la crainte d’une augmentation des tarifs et les revendications des professionnels, le climat devenait de plus en plus tendu. Face à cette situation, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a choisi la voie du dialogue. Il a réuni, ce lundi 3 août 2026, les représentants des transporteurs et des consommateurs afin de désamorcer la crise et d’ouvrir de nouvelles concertations.
La rencontre, tenue de 17 heures à 18 h 30 au cabinet du ministre, au 21ᵉ étage de l’immeuble Postel 2001 à Abidjan-Plateau, a réuni Abdoulaye Sylla, président de la Fédération nationale des syndicats des chauffeurs de Côte d’Ivoire, Ben N’Faly Soumahoro, porte-parole de la faîtière des consommateurs (G7), Adama Touré, président de la Coordination des gares routières, ainsi qu’Ibrahim Diaby, président du Haut Conseil du patronat des entreprises du transport routier ivoirien.
Les représentants du secteur ont fait part de leur mécontentement, estimant que la hausse des prix du carburant est intervenue sans concertation préalable. Ils ont également rappelé plusieurs préoccupations demeurées sans réponse, notamment l’allègement des péages sur les axes de transport de marchandises, la réduction des barrages routiers et des contrôles jugés abusifs, la lutte contre les fausses plaques d’immatriculation, l’accélération de la convention collective du secteur et le renforcement du fonds de développement du transport.

En réponse, Amadou Koné a expliqué que le gouvernement avait fait le choix de maintenir les prix du carburant inchangés durant tout le mois de juillet, malgré la hausse des cours internationaux, afin de préserver le pouvoir d’achat des populations. Selon lui, sans les efforts consentis par l’État, le litre de super aurait atteint près de 1 200 FCFA et celui du gasoil environ 900 FCFA.
Le ministre a insisté sur le caractère temporaire de cette hausse et a exhorté les transporteurs à éviter toute augmentation automatique des tarifs du transport. « Ça a augmenté pour un mois. On observe, on travaille pendant qu’on observe », a-t-il déclaré, tout en annonçant une nouvelle réunion technique prévue jeudi afin d’examiner les propositions des professionnels avant leur présentation au Conseil des ministres.
À l’issue des échanges, les représentants des transporteurs et des consommateurs ont salué l’esprit d’écoute du ministre. Ils ont rappelé que le dialogue instauré avec le ministère a déjà permis d’obtenir plusieurs avancées, notamment la réduction de certains barrages routiers, la suspension de certaines taxes et l’amélioration des conditions d’exercice des acteurs du transport.
En privilégiant la concertation, Amadou Koné entend préserver la paix sociale tout en poursuivant les réformes engagées pour moderniser le secteur des transports. Les discussions se poursuivront lors d’une nouvelle rencontre annoncée pour jeudi, avec pour objectif de dégager des solutions durables conciliant les intérêts des professionnels et la protection du pouvoir d’achat des populations.
Davila Y













