Affaire 3ème mandat de Ouattara/Et si le Président de la République avait raison d’ouvrir au moins le débat ?

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Depuis l’interview qu’il accordée au journal panafricain Jeune Afrique, le débat pour la succession du président Alassane Ouattara ne cesse d’alimenter la chronique en Côte d’Ivoire, et même hors des frontières ivoiriennes. À y voir de près, l’on se rend bien compte que le virage de 2020 sera difficile à négocier pour les Ivoiriens. Dans l’interview du chef de l’État, plusieurs sujets d’intérêt ont été abordés, mais seul celui de sa succession passionne les débats. Preuve de notre appréhension par rapport à 2020. Franchement, si les prises de positions des uns et des autres sont légitimes, celles du premier citoyen ivoirien ne le sont pas moins. Au moins pour nous, elles ont le mérite d’ouvrir le débat de sa succession, franchement. L’opposition ivoirienne, ne veut pas entendre parler d’un troisième mandat de Ouattara. Elle va jusqu’à parler de provocation, mais s’offusque en même temps de ce que sa succession soit floue, et que des débats démocratiques ne soient pas ouverts sur cette question. Des artistes de renom n’en veulent pas, de même que des intellectuels ivoiriens avérés, des hommes politiques et de simples citoyens. Tout cela franchement est normal, mais menons un débat d’idées civilisé, un débat sans injures, sans passion et si nous sommes au bout de notre réflexion, remettons nous aux seuls juristes. Le conseil constitutionnel est là et le moment venu, il tranchera en fonction des dispositions de notre loi suprême, ‘’the suprem law », disent les Anglais, pour désigner la constitution. De notre point de vue, le Président n’a pas encore annoncé sa candidature pour un troisième mandat. Et nous disons bien candidature pour un troisième mandat. Si nous savons lire entre les lignes, ou du moins ce que nous avons cru comprendre, il a dit qu’il se prononcera sur la question en 2020, en fonction de << la situation de son pays >>. Il est certes vrai que cela laisse planer un doute, avec ces troisièmes mandats auxquels s’accrochent la plupart des présidents africains, mais lui n’est pas encore en fin de mandat. OnOn peut encore lui faire confiance, car à bien d’égards, il a démontré qu’il est un homme de parole et non à parole. C’est pourquoi nous allons rejoindre un imminent constitutionnaliste de ce pays, pour dire avec lui qu’il est trop tôt d’interpréter les propos de Ouattara. ‘’Ouattara sait ce qui est bien pour lui et ce qui est bien pour la Côte d’Ivoire. Il est trop tôt de se prononcer sur ce qu’il dit pour le moment’’, disait-il en substance. Et nous, nous sommes franchement d’avis avec lui. La nouvelle constitution de notre pays a été plébiscitée, par nous Ivoiriens. Nous ne pouvons pas la rejeter sans passer par la voie qu’elle-même préconise pour son rejet. À moins que nous ne voulions une chose et son contraire en même temps. Ce qui ouvrirait du coup la porte à la chienlit. Imaginez un seul instant que Ouattara affirme de façon péremptoire qu’il ne sera pas candidat en 2020. Que va-t-il se passer dans sa propre famille politique, le Rdr ? Que va-t-il se passer au Pdci-Rda ? Que va-t-il se passer au sein du Rhdp encore en gestation et les passions se déchaînent déjà sur la question du parti unifié? Que va-t-il se passer à l’opposition malade de ses crises internes? Et que va-t-il se passer dans ce pays qui sort à peine la tête de l’eau après dix ans de tumultes ? Tempérer les ardeurs des uns et des autres avec leur appétit vorace du pouvoir pour le pouvoir, en les maintenant dans une certaine incertitude, est de notre point de vue préférable à une guerre de succession ouverte avant terme qui aura des conséquences dramatiques. Trois mille morts officiels dans la seule crise poste électorale. N’est-ce pas assez ? Mais puisque de toute évidence, ce débat sera ouvert un jour, alors nous disons franchement que Ouattara, a au moins le mérite d’ouvrir le débat sur une possibilité de troisième mandat. Encore une fois, les experts en droits et le Conseil constitutionnel, nous diront le moment venu, s’il y a droit. Comprenez nous, nous ne sommes pas spécialiste en droit, nous nous prononçons simplement sur les propos du chef de l’État, et pour nous, il fait bien d’ouvrir le débat sur sa succession ici et maintenant. Le sage a dit qu’il faut taper le sable du bâton pour connaître la direction du vent. Paix à la Côte d’Ivoire, si non haut les cœurs, comme le disait l’autre. Franchement.

JPH

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