Créée depuis 2012, la mutuelle des taxis motos de Côte d’Ivoire est aujourd’hui une structure incontournable pour l’insertion sociale des jeunes dans la vie active. Près de 10% des jeunes ont eu leur premier emploi grâce aux taxis motos après la crise poste électorale de 2010. Néanmoins le taux d’accident élevé de taxis moto emmène beaucoup de grincements de dent de la population.
Bonjour Président, comment évaluez-vous la sécurité des taxis motos à Abidjan ?
ADOUM YAO Michel : Disons que la mutuelle des taxis motos de Côte d’Ivoire est créée depuis 2012 et son siège est à Abidjan N’Dotré. L’un de nos objectifs est de lutter contre l’incivisme et l’imprudence de nos camarades motocyclistes sur les routes. Bien qu’ils ne soient pas seuls responsables, mais se sont eux qui font plus d’accidentés. Aujourd’hui, les motos sont à 72% à la base des accidents de route en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, un axe majeur de notre travail d’encadrement est la sensibilisation pour le port de matériel de protection (casques – gilets…) et l’obtention du permis de conduire. Car il y a beaucoup parmi eux qui n’ont pas de permis donc ne connaissent pas le code de la route. Enfin, nous sensibilisons pour extraire les mineurs des rangs des conducteurs de taxis motos.
Avez-vous déjà été témoin ou victime d’un accident impliquant un taxi moto ?
ADOUM YAO Michel : Tous les jours. Ces accidents causent beaucoup d’invalidités. Or nous ne sommes pas déclarés à la CNPS. Donc les invalides deviennent une charge vraiment énorme pour les familles.
Pensez-vous que les motos cyclistes respectent le code de la route ?
ADOUM YAO Michel : Non, ils ne connaissent même pas le code de la route. C’est d’ailleurs l’un de nos grands points dans la sensibilisation. La plupart des Auto-Ecoles n’ont pas de moto pour ceux qui apprennent à conduire. À l’essai ils n’ont aucun engin mais grâce à nos sensibilisations la formation devient leur priorité. Nos camarades taxis motos acceptent de se former. C’est lent. Mais c’est en bonne voie.
Estimez- vous que les équipements de sécurité (casques – gilets) sont suffisamment utilisés par les motos cyclistes et les passagers ?
Non parce que justement l’Etat ne reconnait pas le transport des personnes par les taxis motos. L’Etat reconnait juste le transport de marchandises. Les motocyclistes à 3 roues sont autorisés pour le transport de marchandises seulement. Pour le transport de personne l’Etat ferme les yeux. Sinon ce n’est pas autorisé. Deuxièment les motocyclistes ne sont pas autorisés à prendre les grandes voies. Ils doivent prendre les bagages et entrer dans les quartiers mais ne pas circuler sur les grandes voies. Enfin nous sommes en train de travailler pour que les motocyclistes ne partent pas d’une commune à une autre. Nous voulons vraiment organiser les motocyclistes pour aboutir à une vraie reconnaissance du transport des personnes et des marchandises pour les motos comme c’est le cas en Chine et en Inde.
Quelle mesure supplémentaire devrait être mises en place pour améliorer la sécurité des taxis- motos ?
ADOUM YAO Michel: Dans un premier temps, nous nous battons pour que le transport des personnes par moto soit reconnu par l’Etat. Parce que le maillon essentiel de tout activité c’est l’homme. Pour le transport de marchandise il y a du mieux. Nous voulons distingués les motocyclistes d’une commune à une autre par les couleurs pour éviter que ces motos aillent dans toutes les communes. Pour le transport des hommes nous sommes en bonne voie avec les Auto-Ecoles, les autorités Policière et L’OSER. Si grâce à nos actions (sensibilisation – organisation) nous aboutissons à une reconnaissance formelle du transport de personnes par les motos, forcement l’Etat nous accompagnera en prenant des mesures règlementaires en faveur de la protection du conducteurs et des passagers.
Les populations se plaignent du fait que les motos sont des piques poquets dans la circulation. Qu’en dites-vous ?
ADOUM YAO Michel: Il y a des brebis galeuses partout. C’est pourquoi, nous voulons que l’Etat nous accompagne clairement pour que nos sensibilisations atteignent l’ensemble des motocyclistes de Cote d’Ivoire.
Quels appels lancez-vous au terme de notre entretien ?
ADOUM YAO Michel: J’appelle les autorités ivoiriennes à soutenir l’activité de la Mutuelle des taxis moto de Cote d’Ivoire. Que nos autorités se souviennent que c’est la moto qui a été le 1er emploi des jeunes après la crise poste électorale. C’est par l’activité de la moto que des jeunes ont laissé les armes pour être dans la vie civile. Deuxièmement, c’est grâce à la moto que l’Etat de Côte d’Ivoire a réussi à caser la plupart des jeunes qui voulaient aller ou même qui sont revenus de l’aventure (Libye…) et nous effectuons des campagnes de dons de sang pour les accidentés, aussi nous avons été au premier plan de la lutte et de la sensibilisation de la COVID 19 et de la paix.
Réalisé par N.K













