Côte d’Ivoire/Toujours pas d’entente entre grévistes du secteur de la santé et le gouvernement

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Que nous réserve cette nouvelle semaine dans les hôpitaux et centres de santé publics de la Côte d’Ivoire ? Pour sûr, la grève lancée par douze syndicats du secteur de la santé depuis le lundi 5 novembre 2018, n’a pas à ce jour, encore connu un dénouement heureux, Un dialogue de sourds semble s’être installé grévistes et autorités et la situation devient de plus en plus intenable pour les populations.

Depuis lundi, c’est service minimum dans les hôpitaux publics. La grève lancée par la Coordination des syndicats du secteur de la santé (Coordi-Santé, regroupant des infirmiers, sages-femmes, agents médicotechniques, administrateurs de la santé, aides-soignants, etc.) est suivie « à plus de 90% », selon les responsables syndicaux. Ces derniers réclament notamment des indemnités de logement et de risque ainsi que « la substitution de la prime annuelle d’intéressement jugée dérisoire à une prime payable chaque trimestre », explique Boko Kouaho, porte-parole de la Coordi-Santé.

Le gouvernement opte pour la fermeté et brandit la menace de la révocation des grévistes récalcitrants.
Jeudi, deux grévistes ont été arrêtés par la police à Abidjan et placés en garde à vue, suite aux instructions d’Eugène Aka Aouélé, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, qui avait annoncé une série de mesures pour mettre un terme à la contestation, dont « la révocation des grévistes récalcitrants ».

Et pourtant le ministre soutient que « le dialogue n’a jamais été rompu » avec les responsables syndicaux, ceux-ci déclarent attendre que le gouvernement prenne des engagements financiers. « Nous pourrons suspendre le mot d’ordre si nous obtenons la signature d’un décret prenant en compte les revendications à caractère financier », déclare Boko. Un engagement que ni le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, ni son collègue de la Fonction publique – qui a présidé une réunion avec les leaders syndicaux, lundi -, n’ose prendre en l’absence du président Alassane Ouattara, actuellement en France, et du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, en mission en Norvège.

En rappel, en juillet 2017, une trêve sociale avec l’ensemble des centrales syndicales, incluant les syndicaux du secteur de la santé avait été signée avec le gouvernement. De fait, certains articles du protocole d’accord portant trêve sociale prescrivent les grèves, jusqu’en 2022. Une disposition que le gouvernement oppose aux responsables syndicaux.

Une vraie impasse
Une assemblée générale des grévistes est prévue samedi 10 novembre au CHU de Yopougon. Tandis que certains évoquent un durcissement de la grève, allant jusqu’à brandir la suppression du service minimum, d’autres invitent à la reprise du travail, tout en poursuivant les négociations avec le gouvernement. Attendons donc de voir dès demain lundi 12 novembre

JPH

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