Côte d’Ivoire/Voici les premières conséquences de la pénurie d’eau à Bouaké

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 Après la généralisation de la pénurie d’eau dans l’ensemble de la ville de la ville de Bouaké, les premières conséquences se signalent. En effet, initialement circonscrite seulement dans certains quartiers, la pénurie d’eau s’est vite répandue aux autres quartiers, obligeant les populations à adopter de nouveaux comportement, tels aller chercher de l’eau dans des cuvettes, bidons et autres ustensiles dans les cours munies de puits, dans les bas-fonds ou pour les plus fortunés acheter de l’eau minérale. Voici les premières répercutions de cette pénurie d’eau, qui est loin de trouver une solution immédiate, si on s’en tient à la dernière réunion entre les populations, le corps préfectoral, les responsables de la Société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire, (Sodeci) et la direction régionale du ministère des Infrastructures économiques. Au cours de cette réunion, qui a donné l’impression que chaque partie jetait la pierre à l’autre, aucune date n’a été communiquée aux riverains pour la fin de leur calvaire. Aujourd’hui, lorsque vous arrivez dans la capitale du centre, vous êtes saisis tout de suite, d’un phénomène inhabituel. Ce sont des populations, pour la grande majorité des femmes et jeunes filles que vous rencontrez dans la rue avec des bassines d’eau ou des bidons sur la tête. Bien sûr, quelques homme s’y mettent, mais le font à l’aide de brouettes, de charettes ou à motos. Les premières victimes de ce manque d’eau dans les bureaux, sont les laveurs de véhicules, motos et tricycles. Pour la plupart, le travail s’est arrêté. << Depuis bientôt une semaine, je ne vais plus au travail. Nous n’avons pas de l’eau pour laver les voitures, parce qu’il n’y a plus de l’eau dans les robinets. Nous, nous travaillons avec l’eau, et quand il n’y a pas d’eau, c’est le chômage pour nous. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose pour sauver Bouaké, si non, c’est le nombre de sans emplois va augmenter >>, a lancé Jean-Louis K, laveur d’autos au quartier Ahougnansou. Tout comme les laveurs d’autos, les maçons se plaignent. << J’ai un chantier au quartier Beaufort. Mais nous sommes obligés de le stopper ces jours-ci à cause du manque d’eau. Mes apprentis et moi, sommes obligés de rester à la maison. On nous dit que s’il pleut abondamment, le problème pourrait connaître une solution. Donc, nous prions le bon Dieu pour qu’il nous donne la pluie >>, dira Diarra Moussa maçon. Une autres catégorie de travailleurs souffrent énormément de la pénurie d’eau. Ce sont les gérants de maquis, de restaurants et d’hôtels. Tous sont unanimes. Leur clientèle a baissé. << Les clients ne viennent plus dans mon hôtel, parce qu’ils n’ont pas de l’eau pour se laver. Les robinets sont secs. Comment voulez vous que quelqu’un qui est venu passer une nuit dans votre hôtel, le matin, il ne puisse pas avoir de l’eau pour se laver, revienne chez vous ? Si cette situation perdure, nous allons simplement fermer >>, a dit Y.K gérant d’un hôtel de la place. Mme Sangaré F, restauratrice, soutient qu’il lui faut chaque jour, faire des mains et des pieds pour trouver de l’eau pour pouvoir faire la cuisine. << Cette situation m’oblige à diminuer la quantité de nourriture que je faisais par jour >>, a-t-elle ajouté. Les travailleurs, toute catégories confondues, (fonctionnaires et ceux du privé), ne sont pas en reste. Ils disent arriver au travail avec du retard, parce que les matins, il faut d’abord trouver de l’eau pour se laver, avant de prendre le chemin du travail. << C’est dur pour moi. J’habite très loin de mon lieu de travail. À mon réveil chaque matin, il faut aller au seul puits du quartier pour avoir un peu d’eau pour se laver avant d’aller au travail. Et j’arrive bien de fois avec du retard. Ce n’est pas un fait habituel pour moi et mon patron semble le comprendre. Mais pour combien de temps ? Vivement que es autorités de la ville fassent quelque chose. Une fois au travail, les soucis sont loin d’être terminés, parce que les toilettes sont devenues impraticables >>, a dit dame Kalou Patricia. À Bouaké, l’on ne peut plus boire l’eau de robinet. Même si personne ne vous le conseille, la couleur de l’eau elle-même vous conseillera. En pareille circonstance, chacun se tourne contre son gré, vers l’eau minérale dont les prix ont flambé. (C’est devenu un business pour certains). Il en est de même pour les bidons vides de 25 ou 20 litres. De deux cent cinquante francs, leur prix a doublé. Ils coûtent aujourd’hui 500francs. Au-delà de ces premières conséquences, il faut redouter une qui paraît lointaine, mais qui peut faire vite d’arriver : les épidémies hydriques, notamment le choléra. En attendant, l’autorité semble avoir pris la mesure de l’ampleur du problème avec des camions de Office national de l’eau potable, (Onep) qui sillonnent les quartiers pour distribuer de l’eau. Mais cette mesure reste largement en dessous des besoins de consommation d’eau de la ville, estimée à 10 millions de m3 par an. Et l’on s’interroge comment cette situation se vit dans certains grands services comme la morgue, les deux prisons, les camps militaires, les campus, les internats…

JPH

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