Daloa 2025 : le GRETSSA mobilise la recherche contre l’orpaillage clandestin

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L’Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG) a accueilli, le mercredi 10 décembre 2025, la IVᵉ journée d’étude scientifique du Groupe de Recherche Espaces, Territoires, Sociétés et Santé (GRETSSA), dirigé par le Professeur Anoh Kouassi Paul, géographe et spécialiste des dynamiques territoriales. Cette édition, consacrée au thème « Orpaillage en Afrique : stratégies et solutions durables face aux défis environnementaux, socio-sanitaires et économiques », a réuni chercheurs, autorités administratives, acteurs du secteur minier et partenaires institutionnels autour d’un enjeu crucial pour l’avenir du continent.

Après plusieurs éditions organisées à Abidjan, le choix de Daloa s’imposait cette année.

La ville se situe en effet au cœur d’une région fortement touchée par l’expansion de l’orpaillage clandestin.

En organisant cette journée dans un territoire exposé, le GRETSSA affirme sa volonté de rapprocher la recherche scientifique des réalités du terrain.

Le Professeur Anoh Kouassi Paul a souligné la pertinence du thème : « L’orpaillage clandestin, autrefois marginal, est devenu un phénomène complexe qui affecte le foncier, la santé publique, la sécurité, l’économie locale et l’environnement. L’université a le devoir de s’intéresser à ce qui bouleverse la société. Notre objectif est d’analyser ce phénomène et de proposer des pistes de solutions. »

Les impacts du phénomène ont été illustrés par le Sous-préfet de Zaïbo, Tougma Amalaman Fram Moïse, représentant le Préfet du Haut-Sassandra.

Dans sa circonscription, la population est passée de 38 772 habitants en 2014 à 23 338 en 2021, un effondrement démographique lié aux mouvements de population induits par l’orpaillage clandestin.

Selon lui, l’activité minière illégale entraîne également prostitution, consommation de drogues, insécurité, conflits fonciers, dégradation des terres et pollution des cours d’eau.

« Les défis dans le Haut-Sassandra sont immenses : déforestation, pollution des eaux, conflits fonciers, risques sanitaires… Vos travaux sont essentiels pour orienter une action publique efficace. En réunissant universitaires, experts et acteurs du terrain, vous offrez à notre nation des leviers décisifs pour relever l’un des grands défis de notre époque. »

Pour le Professeur Anoh, l’ambition du GRETSSA dépasse le simple diagnostic : « Notre mission est d’apporter une réflexion approfondie. Nous identifions les problèmes, analysons les phénomènes et proposons des solutions. Aux décideurs d’utiliser ces recherches pour orienter leurs actions. »

L’enjeu est clair : transformer la connaissance scientifique en outils opérationnels au service des territoires.

Le Directeur Administratif et Financier du FONSTI, Coulibaly Armand, représentant le Secrétaire général, a réaffirmé l’engagement du Fonds à soutenir les travaux de recherche sur les enjeux miniers et les problématiques de développement durable.

« Nous voulons encourager les chercheurs à proposer des alternatives viables pour une exploitation minière durable. En tant que DAF, je suis attentif aux chiffres, mais le plus important reste l’impact que vos travaux auront sur les communautés affectées par l’orpaillage. »

En mobilisant chercheurs, experts, autorités locales et acteurs du terrain, cette IVᵉ journée scientifique du GRETSSA a permis de dégager des pistes concrètes pour concilier exploitation minière, préservation de l’environnement et développement humain durable.

Davila Y

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