L’Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG) de Daloa a procédé, le mardi 9 décembre 2025, au lancement officiel de quatre projets de recherche sélectionnés dans le cadre de l’appel à projets FONSTI–Objectifs de Développement Durable (ODD) 2024, pour un coût global de près de 180 millions de francs CFA.
La cérémonie, organisée en présence des autorités administratives, universitaires et locales, a mis en avant le dynamisme scientifique de l’UJLoG et son engagement à proposer des solutions concrètes aux défis du développement.

Représentant la présidente de l’université, le Professeur Bakayoko Sidiki, secrétaire général adjoint, a salué la qualité des travaux retenus. Il a rappelé que ces projets traduisent la mission de l’UJLoG : produire une recherche appliquée, pertinente et tournée vers les besoins des communautés.
« Ces projets démontrent notre capacité à transformer les connaissances en solutions durables pour l’agriculture, l’environnement, la santé et la restauration des écosystèmes dégradés », a-t-il déclaré, appelant à une collaboration active entre chercheurs, populations locales et autorités afin d’assurer des impacts durables.
Prenant la parole au nom du Secrétaire général du FONSTI, M. Coulibaly Armand, directeur administratif et financier, a indiqué que sur les douze projets retenus au niveau national, quatre ont été attribués à l’UJLoG, un résultat inédit qui témoigne de la maturité scientifique de l’institution.
Il a rappelé la vocation du FONSTI : financer des recherches capables d’améliorer la vie des Ivoiriens.
« Les projets sélectionnés répondent à des enjeux majeurs : sécurité alimentaire, valorisation des savoirs endogènes, résilience environnementale et autonomisation des populations rurales », a-t-il souligné.
Le représentant du FONSTI a également annoncé un accompagnement technique, administratif et financier sur toute la durée des projets, en partenariat avec l’Office Ivoirien de la Propriété Intellectuelle (OIPI), afin de garantir la protection et la valorisation des innovations produites. Il a encouragé les équipes de recherche à maintenir une forte implication communautaire, indispensable pour assurer l’appropriation et la durabilité des résultats.
Les porteurs de projets ont présenté les objectifs, innovations et retombées attendues de leurs travaux :
Projet RASORA
Porteur : Dr Kpangui Kouassi Bruno
Ce projet vise la réhabilitation écologique des anciens sites d’orpaillage dans le District du Sassandra-Marahoué. Il prévoit un diagnostic approfondi des sols, leur dépollution et leur restauration afin de rendre ces terres à nouveau utilisables pour l’agriculture et compatibles avec les besoins des communautés riveraines.
Projet GIIDOM
Porteur : Professeur Angaman Djédoux Maxime
Il s’agit d’un système innovant de gestion intégrée des déchets organiques ménagers, utilisant la mouche soldat noire et le ver de farine pour transformer les déchets en protéines pour volailles et en compost organique. Ce modèle d’économie circulaire est particulièrement bénéfique aux coopératives féminines du Haut-Sassandra.
Projet PHYTAH
Porteur : Professeur Kporou Kouassi Élisée
Le projet développe un phytomédicament anti-hémorroïdaire à usage externe. Inspiré des pratiques des tradithérapeutes de Daloa, il prévoit des formulations modernes (gels, crèmes, nano-émulsions), des essais cliniques et une future mise sur le marché. L’objectif est d’offrir un traitement local, efficace, accessible et scientifiquement validé.

Projet DUPRI
Porteur : Dr Voko Bi Rosin Don Rodrigue
Cette initiative consiste à installer une unité de production d’inoculum mycorhizien, un biofertilisant naturel permettant d’améliorer la productivité des cultures maraîchères, même en période sèche ou sur sols pauvres. Les premières bénéficiaires seront trois grandes coopératives féminines de la région.
Ces quatre projets auront un impact direct sur les populations en renforçant la sécurité alimentaire, en améliorant la gestion des déchets, en facilitant l’accès à des solutions de santé locales et abordables, en restaurant les écosystèmes dégradés et en soutenant l’autonomisation économique des femmes rurales.
Sélectionnées parmi plus d’une centaine de propositions au niveau national, ces initiatives illustrent la volonté du FONSTI de faire de la science un levier concret du développement durable et renforcent la position de l’UJLoG comme institution de référence en matière de recherche appliquée.
À la clôture de la cérémonie, chercheurs, partenaires et autorités locales ont réaffirmé leur engagement à travailler étroitement avec les populations bénéficiaires, afin que les solutions issues de ces recherches soient rapidement adoptées, diffusées et pérennisées sur le terrain.

Davila Yao













