Interview avec le maire de Niakara, Koné Marc Kidjafolo/« J’ai foi que nos deux grands leaders de la maison de Félix Houphouët-Boigny trouveront la solution à la crise actuelle »

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Il est jeune. Il est l’actuel maire de Niakara. Il est candidat à sa propre succession à l’élection municipale du 13 octobre prochain à Niakara. Il, c’est le maire Koné Marc Kidjafolo. Ivoirecho est allé échanger avec l’homme, avec le maire. Dans l’interview qu’il nous  a accordée, nous avons fait le tour d’une grande parie des préoccupations de ses populations. Sans détour, en nous regardant droit dans les yeux, il nous a dit pourquoi il sollicite de nouveau le suffrage de ses parents. Que compte-t-il faire si tôt réélu ? Où en est-on avec le problème d’eau potable à Niakara ? La crise des inscriptions, comment est-elle vécue dans sa commune ? Quelles sont les démarches entreprises pour juguler cette crise ? Son message à ses partisans et adversaires à la veille de ces élections… Voici au tant de questions qui ont constitué l’essentiel de notre entretien.

Ivoirecho: Présentation : Merci chers amis d’Ivoirecho.net de me donner l’opportunité de me prononcer sur l’actualité du moment. Je suis Koné Marc, le maire de la commune de Niakara.

Ivoirecho : M. le maire, pourquoi vouloir encore solliciter le suffrage des populations de Niakara ?

Koné marc : Merci de cette question pertinente. Vous savez que je suis à mon premier mandat. C’est dire que nous avons mener des actions, nous avons engager des actions. Certaines ont abouti, d’autres n’ont pas encore abouti. Il est impérieux, puisqu’il s’agit de développement, que nous puissions terminer ce que nous avons entrepris et puis envisager l’avenir. Et pour cela, vous savez qu’en cinq ans on ne peut pas tout faire. C’est des chantiers qu’on ouvre, il faut pouvoir les achever. Donc c’est l’une des raisons pour nous d’achever ce que nous avons commencer. Ensuite il y a d’autres challenges pour le développement de la commune. Je pense que j’aurai l’occasion de revenir sur ces challenges dans la suite de notre entretien.

Ivoirecho : Y a-t-il des choses que vous auriez dû ou vous auriez pu faire que vous n’avez pas pu réaliser ?

K.M : Ce qui me vient immédiatement en tête, c’est que nous avions prévu en début de mandat, la construction d’un centre artisanal sur l’espace en face des bureaux des impôts. C’est un projet que nous n’avons pas pu réaliser. La raison essentielle est que nos ressources financières ne nous ont pas permis. Il s’agissait de construire un centre commercial et artisanal, afin de permettre à nos artisans, nos commerçants pour qui le marché actuel est devenu exigu. Donc il s’agissait de construire cette infrastructure pou permettre à nos populations d’exercer pleinement leurs activités. Nous n’avons pas pu réaliser cette infrastructure, parce que nous n’avons pas pu réunir les ressources financières nécessaire parce qu’il s’agissait d’un grand projet. Nous avons déjà approché un architecte qui nous a sorti des plans. Il fallait trouver un financement. Quand on connaît les ressources de la mairie, toutes les ressources prises, je veux parler de la subvention de l’État plus nos recettes propres, c’était pratiquement impossible. Donc nous nous sommes orientés vers des partenaires privés pour pouvoir réaliser ce projet sous forme de BOT, (Built Operate Transfert). C’est-à-dire qu’un partenaire nous construit, il exploite pendant un certain nombre d’années, à travers une convention, il nous cède l’infrastructure. Nos démarches sont restées à ce niveau. La difficulté c’est que dans notre zone, c’est difficile. Pour des zones comme Abidjan, vous trouverez un preneur immédiatement. Mais pour nos communes qui ne sont pas suffisamment viables, ce n’est pas chose aisée, Donc, nous n’avons pas pu réaliser cette infrastructure, et c’est vraiment avec des regrets. Mais nous n’avons pas lâcher pour au tant. Peut-être que nous allons affecter cet espace à un autre projet qui peut être réaliser rapidement mais le projet initial se fera sur un autre site. Ensuite comme quelque chose qu’on aurait pu faire, c’est le commissariat. Dès le début ce projet nous a tenu à cœur, le conseil et moi. Nous avons mené toutes les démarches. Mais c’est un projet qui va aboutir. Et les raisons sont là. Pourquoi un commissariat à Niakara ? Vous connaissez notre zone en terme de risque d’attaques de tous genres que nous avons connus à un certain moment. Il est indispensable que Niakara ait ce commissariat. C’est un projet qui est en cours et il va se réaliser puisque l’espace est déjà identifié et nous l’avons mis à la disposition du ministère de la sécurité. Qui a même envoyé une délégation faire la visite des lieux et des entreprises ont même effectué des visites dans le cadre de missions pour des appels d’offres. Niakara aura son commissariat. Et j’aurais voulu faire cela pendant ces cinq années. Malheureusement nous devons patienter quelque peu, mais ça se fera, c’est ce qui est important.

Ivoirecho : Au soir du 13 octobre prochain, si vous êtes réélu, quelle sera votre toute première action ?

K.M : Merci pour la question. Si nous sommes réélus, nous allons tout de suite appeler au rassemblement. Vous êtes sans ignorer que mon adversaire directe Aujourd’hui, c’est mon premier adjoint. Cela signifie que quelque part qu’il y a eu rupture. Il faut donc après ressouder tous ces morceaux. Nous sommes tous fils de Niakara, nous devons tous avoir pour objectif, faire de notre ville, un pôle de développement. Si au bout de cinq années, mon premier collaborateur, me lâche, c’est de ne pas à notre tour faire la même chose. Il faut donc tendre la main à tout le monde. Ce sera notre première action.

Ivoirecho : Quel regard jetez vous sur les palabres dans la grande famille de Félix Houphouët-Boigny, vous qui êtes  un des enfants de cette famille ?

K.M : En tant que militant du Rdr et donc militant du Rhdp, cela nous fait mal. Tout ce que nous avons pu obtenir c’est grâce au Rhdp. Tout ce que le Président Ouattara a pu réaliser c’est grâce au Rhdp. Il l’a fait dans une famille soudée. La division ne nous mènera nulle part. Nos leaders, je dirais nos premiers responsables du Rhdp, doivent arriver à s’accorder surtout dans l’intérêt du pays. Vous comprenez, un Rhdp divisé, cela va nous ramener dix ans encore en arrière. Nous n’avons pas encore oublié les affres des années que vous connaissez tous. Nous ne souhaitons pas que cela revienne et nous pensons qu’un Rhdp ressoudé, tout le monde ensemble, est une garantie pour le développement de la Côte d’Ivoire. J’ai foi pour ma part, je pense que ce sont des incidents de parcours. Nos grands responsables, le Président Alassane Ouattara et son aîné, le Président Henri Konan Bédié trouveront la solution. Nous sommes confiants.

Ivoirecho : Où en sommes nous avec le problème d’eau à Niakara ?

K.M : C’est une période que nous avons mal vécue, que nous continuons de vivre, mais à un degré qui n’est pas celui qui était il y a trois mois de cela. Y a trois, il était impossible de trouver de l’eau à Niakara. Quelle a été la solution ? Quelles sont les démarches qui ont été faites ? Je pense que nos autorités sont là, nous avons tous compris que nous devions parler le même langage. Nous nous sommes tous adressés à l’Onep, (Office National de l’eau potable), qui est chargé de la résolution de ce problème. Comme solution immédiate, on nous a affecté une citerne pour nous approvisionner quotidiennement. Ce n’est pas une solution durable parce que la capacité de la citerne n’était pas suffisante pour alimenter toute la population. Donc cela se faisait par alternance par quartiers. C’était une solution pour parer à l’urgence. La solution intermédiaire qui a été trouvée était celle de l’Onep qui était le maître d’œuvres. Il s’agissait de créer des forages. Deux equipes sont passées dans le but d’identifier un forage. L fallait trouver une zone où il y a une quantité d’eau suffisante, puisqu’il s’agit d’alimenter toute une population, Niakara c’es plus de vingt mille habitants. Il ne s’agit donc pas d’un forage de type villageois, mais que ces forages soient raccordés au réseau normal d’approvisionnement en eau potable, à savoir les installations de la Sodeci. À ce jour deux sites ont été trouvés qui ont une capacité de 15m3 pour un site et 5m3 pour l’autre. Ce qui va nous donner 20 à 25 m3 suffisants pour alimenter la Commune. Nous attendons, les sites sont trouvés, l’eau a été trouvée dans ces sites en quantité suffisante, donc nous attendons que l’Onep qui l’organe d’État chargé de ces types de travaux passe à la seconde étape. On a trouvé les sites, il y a de l’eau, il faut installer les équipements qui accompagnent pour qu’on puisse tirer l’eau et distribuer à la population. Maintenant, c’est à cette étape que nous sommes aujourd’hui. Mais cette solution n’est pas encore durable. Elle ne fait que palier à la situation que nous vivons. La solution durable, c’est le raccordement de la ville de Niakara sur le barrage de Kafiné. C’est cette solution qui nous paraît pérenne qui sera exécutée. Pour la solution intermédiaire, les forages, cela a un coût. Pour les deux ou trois forages qu’il fallait exécuter, il fallait 300 millions, rien que les forages et le raccordement existant sur le réseau de la Sodeci. Ce n’est pas une commune comme celle de Niakara qui peut supporter ces frais. Ce sont donc des investissements de l’État. Au niveau du raccordement sur le barrage de Kafiné comme c’est le cas à Tafiré où la ville a été raccordée sur le fleuve Bandama, cela a un coût qui est estimé à deux ou trois milliards. Là aussi, ce sont des investissements au dessus de notre commune. Pour Bouaké, pour un investissement de 5 milliards, la Banque mondiale a dû s’impliquer. Donc la solution pérenne encore une fois, reste le raccordement de la commune au barrage de Kafiné.

Ivoirecho : Quelle est la situation de l’école à Niakara ?

K.M : Il faut dire que Niakara à l’instar des autres villes, c’est la même crise. Chaque année à la rentrée cette crise apparaît.. Il s’agit essentiellement des frais d’inscription. Ici à l’issue de la dernière assemblée générale du Coges, il avait été décidé que les frais d’inscription soient portés à 12.000frs. Apparemment l’information n’est pas arrivée partout si bien que à la rentrée il y a un problème. Une partie des parents contestent ce montant trouvant qu’il est excessif. Mais c’est une décision qui a été prise en assemblée générale. La voie normale aurait été que par une autre assemblée générale extraordinaire on revoit. Apparemment les parents d’élèves ne sont pas unanimes pour payer ce montant. Il aurait donc fallu comme je l’ai dit tantôt, une assemblée générale extraordinaire. Ce qui n’a pas été le cas. Un groupe de jeunes s’opposent et certains parents ont jugé bon d’interpeller directement l’établissement. Ce n’est pas la procédure normale. Une décision prise en assemblée générale, c’est à travers une autre assemblée générale qu’on peut la modifier. Voilà ce qui a fait l’objet de notre rencontre de ce matin. Mais il faut signaler que depuis deux jours les inscriptions ont été suspendues afin d’éviter des troubles majeurs. La rencontre de ce matin a même enregistré le présence de Monsieur le Drenet, du secrétaire général de la préfecture. Souvent des agissements se font par ignorance des textes. Une assemblée générale de Coges pour un établissement comme celui de Niakara qui compte plus de trois mille élèves, ne demande pas forcément que les trois milles parents d’élèves soient présents. Il y a des règles de fonctionnement du Coges. Cet aspect des choses est ignoré d’une bonne partie de nos populations. Nous avons appris ce matin qu’il y a 111 membres qui constituent l’assemblée générale du Coges de Niakara, Ces personnes sont les représentants des enseignants, des parents, de l’administration du lycée, des élèves, des éducateurs. Beaucoup d’homme ne savaient pas cela. Et les gens pensent que quand on parle d’assemblée générale de Coges, c’est les trois milles parents qui doivent être présents. Même sur les 111 encore il y a un quorum. On n’a donc pas besoin d’avoir les 111 pour siéger. Vous voyez, toutes ces ignorances nous ont conduits à ce que vous connaissez. Les gens se sont présentés à l’établissement et se sont plaints. Pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, le proviseur a jugé bon de suspendre les inscriptions. Je pense qu’à l’issue de la rencontre de ce matin qui a duré près de trois heures d’horloge, nous nous sommes compris. La proposition a été faite, puisque on constate que sur 2.900 élèves, 2000 sont déjà inscrits et ont payé les 12.000frs. Il ne reste que 900. Donc, il ne faut pas tout remettre en cause. On sait à quoi vont servir ces 12.000frs. Cela a été expliqué. Vous savez chez nous, on a un problème dans notre lycée, c’est le déficit enseignants. Aujourd’hui il y a un déficit de 22 enseignants au lycée. Sur 62 enseignants, il n’y a que 40. Donc il faut trouver 22 enseignants. Et comment l’établissement peut fonctionner normalement dans ces conditions ? la parade trouvée par l’administration et le Coges c’est que des vacataires soient recrutés chaque année. Cela a été fait les années antérieures, je pense qu’une bonne partie de ces sommes, je crois sur les 12.000frs, 5000frs reviennent à l’administration pour un certain nombre de documents et puis les 7000frs reviennent au Coges, Ce sont ces 5000frs qui permettent à la fois d’assurer la survie de l’établissement avec tout ce qui réparations, petits investissements, et c’est tout ça aussi qui sert à payer les enseignants vacataires, les heures supplémentaires des enseignants. C’est vrai, la logique aurait voulu que ne soit pas les parents qui paient les enseignants. Mais la situation est telle que l’État n’a pu affecter que 40 enseignants au lycée là où il faut 62. Est-ce qu’il faut fermer l’établissement parce qu’il y a un manque d’enseignants, les parents sont obligés de s’impliquer. Ça c’est le sacrifice que nous devons faire tous en tant que parent pour permettre à nos enfants d’avoir l’éducation qu’ils méritent. Pour me résumer, effectivement à Niakara il y a eu crise, mais je pense que nous sommes à la fin de la crise, puisque nous avons demandé au Dren et au proviseur qu’on permette que les 12.000frs soient payés en deux ou trois mensualités. Il vrai, 12.000 pour certains, ça paraît peu, mais quand vous avez tois à cinq enfants à inscrire pendant la même période, ça devient lourd, et ça ce n’est que les frais d’inscription, après il y a les fournitures. Je pense que nous nous sommes compris, nous avons demandé l’indulgence des parents puis qu’il y a une bonne partie des enfants qui sont inscrits. Faut-il bloquer pour revenir, puisque les parents demandaient que ces frais d’inscription soient ramenés à 10.000frs. Faut-il bloquer le fonctionnement du lycée pour deux mille francs, je pense que l’un dans l’autre il fallait faire le bon choix et le bon choix consiste à faire ce sacrifice, même si l’année prochaine on devra renégocier ces frais. Mais comme pour cette année c’est déjà engagé, nous avons demandé aux parents de faire un effort exceptionnel afin que la rentrée ne puisse pas être bloquée. Cela a été compris.

Ivoirecho : Pour finir, quel appel lancez vous à vos populations ?

K.M : L’appel, il est tout simple, nous sommes en période électorale, c’est à d’appeler au calme. En tout cas moi je suis candidat, je demande à mes partisans, c’est vrai que nous voulons la victoire, mais au-delà de la victoire, il faut que cela se passe dans le respect des uns et des autres, et que le calme et la cohésion soient préservés parce que les élections c’est un mois, c’est un jour. Après nous sommes appelés à vivre encore ensemble à Niakara. C’est vrai, les ambitions chacun en a, je veux gagner, et je mettrai tout ce qui est possible, humainement possible et moralement acceptable pour que au soir du 13, je sois le vainqueur dans la paix et que nous puissions nous retrouver entre adversaires de la veille. Donc c’est un appel à la cohésion, au rassemblement. Dire qu’une élection ce n’est pas la guerre, ce n’est pas la fin du mmonde.

Ivoirecho : Merci Monsieur le maire.

K.M : Merci à vous, merci de me donner l’occasion encore une fois de ‘exprimer, c’est très important, il faut qu’on se parle. Quand on ne se parle pas, c’est la porte ouverte à toutes les suspicions. Merci à vous.

JPH pour Ivoirecho

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