Reprise du procès de Gbagbo/04 heures de débats hier

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Hier lundi 1er octobre, le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a repris après huit mois d’intéruption. Si les avocats de la défense ont été autorisés à plaider pour la libération de l’ex-chef d’Etat ivoirien et son ministre de la Jeunesse, le procureur d la cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, n’a pas dit son dernier mot. elle et son équipe ont décidé de contre-attaquer. Ils plaident pour que le procès aille jusqu’à son terme.

Ouvert le 28 janvier 2016, ce procès marque un tournant décisif. La défense de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, son ancien ministre de la Jeunesse, estime que le bureau de la procureure Fatou Bensouda n’a pas été en mesure de prouver ses accusations. Les avocats de la défense, Emmanuel Altit et Claver N’Dri, ont ainsi demandé un « non-lieu total », un « jugement d’acquittement pour toutes les charges et pour tous les modes de responsabilité », ainsi que la « libération immédiate » des deux accusés.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Tous deux ont plaidé non coupable.

La défense profite ainsi d’une certaine opinion favorable à la libération des accusés, alors que de nombreux observateurs font remarquer que l’appel à 82 témoins, pendant ces deux années d’audience, mais aussi la présentation de milliers de documents et de centaines d’heures de vidéos n’ont pas suffi à forger leur conviction quant à la culpabilité des accusés. Pour les avocats de l’État de Côte d’Ivoire, « c’est un coup de bluff qui n’abusera personne », avaient-ils fustigé dans un communiqué.

Quatre heures de débats

À la reprise du procès le lundi 1er octobre, des collaborateurs de la procureure ont plaidé pour que le procès aille jusqu’à son terme. Ils ont estimé que, dans la forme, « cette Cour a une expérience très limitée de ce type de requête ». Dans le fond, ceux-ci se sont employés à renverser la requête de la défense, dans ses moindres détails. Durant quatre heures, ils ont pu apporter leurs réponses sur chaque fait préalablement rejeté par la défense.

Plusieurs événements sont ainsi passés au crible : le bombardement d’un marché populaire dans un quartier d’Abobo (commune réputée proche d’Alassane Ouattara et partiellement contrôlée, en 2011, par le commando invisible, une milice anti-Gbagbo), une marche de femmes favorables à Ouattara, le 3 mars 2011 dans cette même commune, ou encore des assassinats à Yopougon (une commune proche de Gbagbo).

Après plus de quatre heures de débats, la poursuite de la contre-attaque de l’accusation a été renvoyée au lendemain.

À Abidjan, tout comme à La Haye (aux Pays-Bas), de nombreux supporters des deux personnalités ont suivi les débats sur des écrans géants.

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