SOUS-PRÉFECTURE D’ARIKOKAHA/PROBLÈMES TERRIENS. Attention le feu couve

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Une menace sérieuse plane de plus en plus sur la sous-préfecture d’Arikokaha située à l’est dans le departement de Niakara. Il s’agit des litiges terriens. En effet, il y a craindre que les affrontements, actuellement larvés, ne se transforment en conflits ouverts, les semaines et mois à venir, si des mesures adéquates ne sont pas prises pour endiguer les menaces liées aux nombreux problèmes de terre qui se signalent dans presque tous les villages.

Qu’est ce qui pourrait expliquer ces tensions inexistantes il y a encore quelques années ? Quelles peuvent être les solutions envisageables ? 

Les villages potentiellement en conflit

Ce sont pour l’heure, le chef-lieu de la sous préfecture, Arikokaha avec les villages de Kanawolo dans la sous préfecture de Niakara, de Nangoniékaha et de Fononkaha dans la sous préfecture d’Arikokaha. Ces villages qui font limites, connaissent en ce moment des remous terriens suffisamment inquiétants et ce, au moment une délimitation des terres villageoises est en cours. Les villages de Niangbo et Loho ne sont  pas en marge de ces conflits, soumis qu’ils sont, à un orpaillage clandestin sévère, qui ne laissera que des terres appauvries, jonchées de trous béants. 

Les explications à ces tensions subites 

Le premier problème est aujourd’hui l’intérêt porté à la terre dans toutes les parties de notre pays. Aucune région de la Côte d’Ivoire n’échappe à l’intérêt porté à la terre. Le problème que l’on observait depuis dans les régions de l’ouest et du sud à vite fait de gagner le centre et le centre nord du pays où se trouve la sous-préfecture d’Arikokaha. Le marché de l’emploi étant de plus en plus réduit, oblige les populations autochtones à se replier sur leurs terre. Une véritable prise de conscience est en train de se faire sur la richesse de la terre. Le second problème est la migration de populations venues du profond nord du pays. Ces populations appelées à tort ou à raison « Sénoufo », sont les plus nombreuses qui sont descendues vers le sud à la recherche de terres fertiles. Ils s’adonnent pour la grande majorité, à la culture du coton et du vivrier pour certains accords entre eux et le propriétaire terrien. (Payement en nature ou en argent). Mais depuis un certain temps, certains parmi eux ont rompu le pacte de ne se limiter qu’à ces cultures, se lançant aussi dans la principale culture de rente de la région, l’anacarde.  Parfois sans l’accord de leurs tuteurs. Ainsi, ils font vite d’aller au delà des parcelles à eux attribuées allant jusqu’à créer des frictions avec leurs voisins immédiats. A côté de ces frères du grand Nord, figurent des populations venues des pays frontaliers du nord, notamment du Burkina, du Mali et du Niger. Parmi eux, il y a aussi des agriculteurs, des éleveurs mais surtout des orpailleurs. Tous travaillent sur les terres de tuteurs qui rétrécissent de jour en jour. Et ce qu’il fallait craindre, finit par arriver: les nombreux conflits. Pour la seule période de mars à mai 2020, ce sont trois règlements houleux  de conflits terriens inter-villages auxquels nous avons assisté à la sous préfecture d’Arikokaha. Et le sous-préfet d’Arikokaha, Koffi Yao Félix, semble avoir du pain sur la planche, lui qui au sortir d’une réunion de règlement de l’un ces litiges terriens, menaçait: « Si vous les tuteurs, ne parvenez pas à canaliser vos hôtes, et que des conflits devaient naître dans ma circonscription, je serai obligé de demander à vos étrangers de retourner où ils sont venus ». 

Prendre le taureau par les cornes

Il faut agir vite en prévention de ces conflits. L’opération de délimitation des terres villageoises doit être bien expliquer aux populations qui ne doivent pas la confondre avec la délimitation des parcelles individuelles, un individu d’un village donné pouvant être propriétaire d’une parcelle dans l’espace terrien d’un autre village. Rappeler les hôtes étrangers à l’ordre sur le respect des engagements pris avec leurs tuteurs qui devraient se faire dorénavant par écrit et portés à la connaissance de l’autorité ainsi que de la chefferie. Sensibiliser toutes les parties à la retenue en cas de conflits et non aller à l’affrontement pour se faire justice. 

Au total, nous dirons que la situation est alarmante mais pas chaotique. Nous n’en sommes pas encore, fort heureusement, aux affrontements ouverts. Mais il faut s’inspirer des cas survenus dans d’autres régions de notre pays, qui ont bien de fois entraîné tristesse et désolation au sein des populations. Demain est vite arrivé. 

JPH

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