C’était une question centrale autour de ce virus et de la gestion de cette épidémie : un patient infecté est-il ensuite protégé ? L’Institut Pasteur et le Centre Hospitalier et de Recherche Universitaires de Strasbourg apportent des éléments de réponses dans une étude. 160 soignants testés positifs grâce à un test PCR, ont subis durant six semaines des tests sérologiques, afin de détecter leur réponse immunitaire au virus. Tous les patients, à l’exception notable de l’un d’entre eux, ont développés des anticorps au bout de six semaines.
Mais il a fallu également tester la qualité de ces anticorps, analyser leur action bloquante face au virus, ce qu’on appelle leur capacité neutralisante, mais aussi leur quantité. Dans ce domaine également, l’étude apporte des éléments rassurants.
« On a pris des mesures des personnes qui avaient des anticorps avec une activité neutralisante, on a vu que ce taux augmentait au cours du temps d’à peu près 60-70% à partir de J13, jusqu’à 98% des personnes, explique Olivier Schwartz, responsable de l’unité virus et immunité de l’Institut Pasteur et signataire de l’étude. La quantité varie d’une personne à l’autre, mais c’est encourageant, car cela montre que le système immunitaire est capable de produire des anticorps avec une activité neutralisante. »
Des anticorps efficaces chez la quasi-totalité des malades, tous symptomatiques, avec une quantité qui augmentent avec le temps. Pour autant, deux questions restent en suspens : les patients asymptomatiques, par nature plus difficiles à trouver, donc à tester, produisent-ils également des anticorps ?
Et surtout, combien de temps dure cette immunité ? Impossible de déterminer pour l’instant, si il s’agit d’un modèle similaire à une grippe avec une protection qui s’estompe au bout de quelques mois ou si une personne infectée est protégée pour plusieurs années. Pour cela, par définition il faut mener une étude à plus long terme.













