Côte d’Ivoire/Le règne des taxis-motos

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1989

La ville d’Akoupé a une particularité, à savoir qu’elle est desservie uniquement que par des taxi – motos. Un fait qui ne laisse pas indifférent tous visiteurs ou même toutes personnes en transit dans cette localité.
Lorsque vous arrivez à Akoupe, vous avez l’impression de vous retrouver en Inde ou au Nigeria, pour ne citer que ces deux pays dans lesquels, ce moyen de transport est très développé. En effet dans la capitale du pays Kettin, ce sont les taxi – motos, qui règnent sur le monde du transport urbain. A la différence des taxi-motos de Bouaké, qui sont des motos qui servent de taxis, les taxi – motos d’Akoupé sont des tricycles couverts, du même modèle que ceux de l’Inde, d’où leur surnom de « Valdei » en référence à un célèbre feuilleton Indou, qui a fait les beaux jours sur nos chaînes de télévisions nationales. Si vous devez faire des courses ou vous déplacer d’un endroit à un autre, vous n’avez d’autres recours que d’utiliser ce moyen de transport. Les taxi ordinaires ne desservant que les villages environnants, d’où leur nom de taxi – brousse. Les taxi – motos ont été bien accueillis dans la ville et font la fierté de tout un chacun. Au nombre de 30 à ce jour, ils sont à la disposition des populations de 6 h à 22 h, voir au-delà. Toumah Seydou, jeune conducteur de cet engin, que nous avons rencontré donne plus d’informations sur le fonctionnement de ces taxi – motos. « Cela me fait deux mois que je roule cet engin. Tout se passe bien. Nous pouvons transporter jusqu’à 4 personnes dans notre engin. Trois personnes s’asseyent derrière et un à côté du conducteur. Chaque client paye 200 F Cfa pour son déplacement. Les propriétaires ne nous imposent pas de recette. A la fin de la journée nous faisons le point avec eux et chacun prend sa part », indique t-il pour commencer. Et d’ajouter qu’ils se rendent dans tous les coins et recoins de la ville, afin de satisfaire leurs clientèles. « Notre avantage est que seul ces taxi – motos sont en circulation. Nous n’avons pas pour le moment là concurrence des taxis ordinaires », renchérit – il. N’ont – ils pas peur de côtoyer les véhicules sur les voies ? « Non », répond Fofana Siaka, un autre conducteur. « C’est notre travail et nous n’avons pas peur de côtoyer les véhicules. Certains clients ont peur, par contre la majorité se sent en sécurité. D’ailleurs je vous annonce que nous n’avons pas encore fait des accidents », précise t-il. Nous avons eu peur pour notre part, de tenter cette expérience. Mais, les usagers que nous avons rencontré se disent à leur aise dans ces engins. C’est le cas de la jeune Koffi Ange, élève au lycée moderne d’Akoupé. « J’ai l’habitude d’emprunter ces taxi – motos. Au début j’avais peur, mais maintenant ça va. Même quand les voitures nous dépassent, je n’ai pas de crainte. En tout cas, je suis contente d’emprunter régulièrement ces engins. En plus, le prix est abordable », soutient – elle. A la différence de Koffi Ange, d’autres usagers font abstraction de la peur, car c’est le seul moyen de déplacement, comme le souligne N’Cho Patrick : « Nous n’avons pas de choix. Peur ou pas, nous sommes obligés de les utiliser au risque de faire ses courses à pied ». Ce moyen de transport a même la caution des garants de la tradition. Lorsque nous sommes arrivés chez le chef central d’Akoupé, Nanan Assi Lambert, nous avons vu un de ses notables venir se faire descendre par ces engins. « C’est une fierté pour nous à Akoupe de voir ces taxi – motos. Ces engins rendent d’énormes services aux populations. Et la satisfaction est que nous n’avons pas encore eu d’échos négatifs depuis qu’ils sont en circulation. En tout cas, les populations sont heureuses de leur fonctionnement », nous a déclaré le chef central. Pour l’instant tout le monde à Akoupe tire profit de la présence des taxi–motos

Encadré :Attention au dérapage
Même si tout le monde se félicite du fait que les taxi – motos n’ont pas encore été identifié ou auteur d’un accident, il faut être méfiant et prendre des dispositions, pour ne pas que cela arrive. Car, il y a un laisser aller dans leur fonctionnement. Le jeune conducteur Toumah Seydou nous confiait qu’ils ne sont pas objet de contrôle de la police. C’est certes beau puisque, les cas de racket sont évité. Le problème est que cela donne le feu vert aux propriétaires et aux conducteurs d’exercer dans l’inégalité. D’ailleurs, des conducteurs n’ont pas de permis et des engins aucun papier. « Nous n’avons jamais été contrôlé par les policiers. Moi, je n’ai pas de permis et mon engin n’a aucun papier. C’est le cas pour beaucoup de mes collègues », nous a soufflé Toumah Seydou. Grave, c’est un gamin d’a peine 16 ans, qui roule cet engin. Selon lui, il faut seulement savoir conduire pour se mettre dans le circuit. Alors question : faudrait-il qu’ un drame survienne d’abord, pour réglementer le fonctionnement des taxi – motos à Akoupe ? Ces engins n’ont – ils pas le droit d’avoir des papiers ? A t – on le droit de les conduire sans permis ? Les gamins qui sortent de l’adolescence doivent-ils mettre en danger la vie des populations en les transportant ? Pour l’instant à Akoupe, ces questions n’intéressent personnes jusqu’au jour où…..

E.Pisani

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