Côte d’Ivoire/Les funérailles en pays Tagbana

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Une contribution KDF fils et cadre d’Arikokaha.

Il faut dire qu’en pays Tagbana, les funérailles des hommes sont différentes de celles des femmes. Premier cas, abordons celles des hommes. Avant, tout décès d’un homme de moins des 50 ans ne faisait pas l’objet de grandes funérailles. Lorsqu’il s’agissait du vieillard, lorsque la mort était constatée, on informait d’abord le chef du village. Celui faisait alors convoquer la communauté par la cloche ou le griot, ou par d’autres moyens de communication tel que le tam-tam parleur ou la corne d’un animal appelé « Sonhoum », un genre d’antilope. Le chef du village informait la communauté du décès de manière officielle. Sinon les gens étaient déjà informés par les pleurs des proches. Une fois l’information donnée on demandait aux proches du défunt si on devait informer les villages voisins. L’objectif de cette question était de savoir si les parents étaient prêts à recevoir les étrangers. Si la réponse était affirmative, alors les émissaires étaient envoyés pour les informer. On fixait la date de l’enterrement. Dès que l’information officielle était donnée, un coup de canon proclamait officiellement le début des funérailles. Les danses venaient ainsi le soir. De préférence, celles que le défunt aimait ou pratiquait. Ces danses avaient lieu devant un grand feu dans la cour du défunt. Pour les hommes les « Poros » et les masques viendront au petit matin. Elles étaient interdites aux femmes qui se cachaient. Les femmes et les filles du défunt portaient de long « Kodjo », un genre de cache-sexes et le reste du corps restait nu. Avant l’enterrement les hommes se réunissaient et les différents dons étaient annoncés. Les baux étaient tenus de donner au moins une natte et un linceul. Les amis des enfants, femmes et frère étaient tenus d’apporter un repas. NB l’amitié est héréditaire en pays Tagbana. Pour creuser la tombe, en plus des enfants de la cours du défunt, chaque cours devait désigner des jeunes. La veuve était éloignée du lieu du décès et encadrée par des vieilles, surtout celles qui ont déjà fait le veuvage. Chaque matin et chaque soir la veuve devait pleurer. Les « Poro » venaient l’interroger pour savoir si elle pouvait donner à manger à son mari. Si elle ne l’avait jamais trompé etc. Alors elle répondait par l’affirmative ou par la négative selon ce qu’elle faisait effectivement du vivant de son mari. Une amande lui était infligée en cas de non. Un cabri mâle, un bouc, était toujours offert aux fossoyeurs. Il était tué et préparé avec une sauce arachnide sans aucun condiment, accompagné de riz et de boissons. Si la veuve respectait son époux, c’est-à-dire, si elle lui était fidèle et était à ses petits soins, les « Poros » étaient moins exigeants avec elle. Dans le cas contraire, les « Poros » étaient extrêmement rigoureux et chaque fois qu’ils faisaient une sortie, tout aliment destiné à nourrir la veuve qui était au feuest gâté. Elle ne pouvait plus en consommer. Certains villages allaient jusqu’à faire sortir la veuve du village et les masques « Gotou » lui infligeaient une correction corporelle. A l’heure de l’enterrement, les fossoyeurs venaient chercher le corps et les « Poro » pour l’accompagnent du défunt à sa dernière demeure. Après l’inhumation, une concertation avait lieu et on déterminait le jour de la levée du deuil. Généralement c’était les vendredis et le lundi. La veille de ce jour, les danses venaient pour le dernier hommage. Pour les hommes, la danse du « Tchara » était obligatoire. Au cours de cette danse, les hommes se moquaient des femmes à travers des chansons. Le jour de la levée du deuil, des animaux étaient offerts en guise de sacrifices. Et la maison du défunt est déclarée fermée.

Pour ce qui est des funérailles des femmes, lorsqu’une femme mourait, les démarches de l’information étaient les même. Il n y as pas de « Poro ». La danse obligatoire était le « Kpan » ou le « Tchêporo », c’est à dire le « Poro » des femmes. C’était une danse jouée par les femmes elles-mêmes. L’lorsqu’une femme décédait, son époux était tenu de faire le veuvage. Il portait des habits en Aillons et tenait une calebasse qui doit servir à boire. Il était encadré par des veufs. Les enfants et les petit enfants et femmes avaient eux-aussi des calebasses et des colliers s aux poignets. Les veufs et les enfants ne devaient pas mange ni voir jusqu’à ce que l’enterrement ait eu lieu. Si le corps a été conservé, alors cette pratique se fera de la levée du corps jusqu’à l’enterrement. Si la femme mourait et que ses enfants ou son époux était hors du Village, alors ils devaient rentrer en pleurant avec un poulet en main après avoir escaladé un mur. Pour les enfants, ils devaient marcher à quatre pattes pour rentrer dans la cours, toujours avec le poulet en main. Cette cérémonie était aussi obligatoire pour les marraines « Kêrê ». Les femmes avaient leur initiation à part. Le jour avant la levée du deuil, elles se retiraient du village et rentraient le soir toutes en « Kodjos » badigeonnées de boue avec des feuilles d’un arbre appelé « Hindihi », alignées à la queue le leu en battant les feuilles de façon rythmée et en chantant. On disait qu’elles avaient « bu le marigot » de façon littérale. Elles venaient déposer ces feuilles sur le toit du défunt. Elles ne mangeaient qu’après cette cérémonie que de l’igname bouillie non pelée. On appelle ce mets en pays Tagbana, « ragoût des Mossi ». La nuit elles dansaient le » Kpan » avec des chansons hostiles aux hommes.

JPH avec une contribution de Koné Dahiri Félicien, fils d’Arikokaha.

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