Côte d’Ivoire/Première sortie de Kobenan Adjoumani après les élections locales. Il rend hommage à Sangaré Aboudramane et aborde toutes les questions

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Le Ministre Kobenan Kouassi Adjoumani était face à la presse ce mardi 06 Novembre 2018 à l’hôtel du Golf où il a commenté l’actualité sociopolitique marquée par le décès d’Aboudrahamane Sangaré, ex-président par intérim du FPI, la reforme annoncée de la Commission électorale indépendante (CEI) et le contentieux relatif aux élections municipales et régionales du 13 Octobre dernier. Le président du mouvement « Sur les traces d’Houphouët-Boigny » a profité de l’occasion pour régler ses comptes avec le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, Maurice Kakou Guikahué, et Jean Louis Billon, secrétaire exécutif chargé de l’information, de la communication et de la propagande.

Hommage à Sangaré Aboudrahamane

Avant de commencer mon propos introductif, je voudrais au nom du RHDP présenter nos condoléances les plus attristées à la plateforme EDS qui vient de perdre l’une de ses figures les plus illustres, le Professeur Aboudramane Sangaré, qui a été rappelé à Dieu dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Une perte brutale et lourde qui intervient quelques semaines seulement après la disparition du Professeur N’Dry Abouo et de Marcel Gossio. « Yako » à leurs familles respectives, à leurs amis et à la plateforme EDS. Que leurs âmes reposent en paix !

Retour sur les élections municipales et régionales du 13 Octobre

Le samedi 13 octobre 2018, les électrices et électeurs ivoiriens se sont rendus aux urnes en vue d’élire leurs Conseillers Municipaux et Conseillers Régionaux.

La Commission Électorale Indépendante CEI, Institution en charge des élections en a proclamé les résultats provisoires.

Le RHDP voudrait par la présente déclaration saluer l’esprit civique des ivoiriennes et ivoiriens qui a permis à ces élections de se dérouler dans un climat apaisé, pendant la campagne électorale et le déroulement du scrutin.

Ces résultats donnent une nette victoire au RHDP, qui enregistre 20 Régions sur 30 soit 66,66% et 120 Communes sur 200 soit 60%, avec le ralliement de certains indépendants, en attendant le choix de 2 Régions, celles de LA ME et de la NAWA.

Le RHDP se félicite de ses résultats qui traduisent éloquemment l’adhésion des ivoiriens et ivoiriennes à ses valeurs d’union, de paix, de stabilité et à sa vision d’un développement partagé.

Le RHDP salue et félicite ses candidats élus qui ont su présenter au peuple de Côte d’Ivoire des bilans satisfaisants et des projets rassurants quant au développement local.

Le RHDP condamne les incidents isolés qui ont malheureusement causé la mort de 3 personnes.

Le RHDP s’incline devant la mémoire de ces morts de trop et présente ses condoléances émues à leurs familles respectives.

Les élections terminées et en attendant la proclamation des résultats définitifs par la cour suprême, institution en charge du contentieux électoral, l’on enregistre çà et là des propos, des actes et manifestations de violence de nature à troubler l’ordre public.

Vives critiques contre le PDCI-RDA

Le PDCI-RDA pour sa part, a tenu le mardi 30 octobre à son siège une conférence de presse dont le contenu a consisté à attaquer le RHDP et son Président, le Président Alassane Ouattara et à les incriminer pour justifier sa défaite aux élections couplées du 13 octobre 2018.

En effet, au lendemain du scrutin du 13 octobre 2018, alors que nous étions en plein dans le processus de proclamation des résultats, les dirigeants et certains candidats du PDCI-RDA n’ont eu de cesse de harceler la commission chargée des élections, de crier à la fraude partout où les résultats sortis des urnes leur semblaient ou leur étaient défavorables. Fraude massive à Port-Bouët, braquage électoral à Koumassi, hold up à Yopougon, Adjamé, Cocody, Plateau, Abobo, ou à Grand-Bassam, etc.

A partir de ses officines de fraude et de propagande, le PDCI-RDA a inondé les réseaux sociaux de faux chiffres, de prétendues preuves de fraude. Toutes choses qui ont eu pour effet de préparer, de conditionner les esprits à des manifestations de rue qui ont atteint leur paroxysme à Grand-Bassam, à Tanda dans la région du Gontougo, à Koumassi et à Port-Bouët.

Dans le Gontougo où le candidat du RHDP (votre serviteur) a battu proprement le candidat du PDCI-RDA de plus de 12 500 voix de différence, nos adversaires ont trouvé, à notre grande surprise, prétexte pour crier à la fraude et susciter des manifestations violentes, lesquelles ont occasionné des blessures de nos militants à l’arme blanche.

A Grand-Bassam, le rubicon a été franchi. Car, les manifestants fidèles au candidat du PDCI-RDA ont poussé l’outrecuidance jusqu’à menacer et humilier le Roi des N’Zima, Nanan Amon Tanoé, en présence d’un hôte de marque venu lui rendre les civilités, la Gouverneur du Canada.

Vous convenez avec moi, chers amis journalistes qu’on est allé trop loin. Ce genre d’attitudes est contraire aux valeurs du PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny et cela n’est ni acceptable, ni tolérable. Le PDCI-RDA qui a toujours manifesté un respect quasi sacerdotal à la chefferie et aux anciens est en train de souiller son image et de trahir sa réputation. Humilier un Roi, huer un Roi, de surcroît Président de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire est un sacrilège que le Président Félix Houphouët-Boigny n’aurait jamais toléré.

Mais, nous ne sommes pas surpris car cet acte n’est pas isolé. Je voudrais rappeler qu’à l’occasion du Bureau Politique du PDCI-RDA du 17 juin 2018, de hautes personnalités de l’Etat telles que le Vice-président de la République, des Présidents d’Institution et plusieurs Ministres ont fait l’objet de huées spectaculaires.

Le sentiment qui se dégage de tout ce vacarme c’est que quand le PDCI-RDA perd, c’est qu’il y a eu fraude, braquage et que sais-je encore. Mais quand il l’emporte, il savoure la victoire, il est fier de crier partout qu’il a fait trébucher le RHDP auquel il aurait ravi 06 postes de mairie. Oubliant même parfois que c’est la même CEI si décriée qui a proclamé ces victoires.

Cela s’appelle simplement de la mauvaise foi.

« Nul n’a le droit de ruser avec la vie des Ivoiriens, avec la paix et avec la stabilité de notre pays »

Le RHDP voudrait profiter de cette tribune pour en appeler à la responsabilité de la classe politique. La Côte d’Ivoire est notre bien à tous. Nul n’a le droit de ruser avec la vie des Ivoiriens, avec la paix et avec la stabilité de notre pays.

Pour mémoire, le RHDP rappelle qu’en Côte d’Ivoire seules sont habilitées à proclamer les résultats de ces élections locales, la CEI pour les résultats provisoires et la chambre administrative de la cour suprême pour les résultats définitifs après avoir vidé le contentieux électoral.

En conséquence s’il y a eu des fraudes en certains endroits, seule la cour suprême devra les dénoncer et rétablir la vérité des urnes.

Toute autre démarche ou entreprise est contraire au jeu démocratique civilisé et s’apparente à de l’intoxication et à la provocation.

Le RHDP rejette catégoriquement toutes les accusations fallacieuses de fraudes proférées par le PDCI-RDA à son encontre.

Le RHDP condamne la ridicule tentative d’internationaliser le contentieux électoral Ivoirien dont le traitement est pourtant bien prescrit dans nos textes, en prétextant que, et je cite : « Avant les élections, des rumeurs avaient déjà indiqué qu’un certain nombre de fraudes étaient envisagées », fin de citation.

Ces élections qui constituaient un test ont été brillamment remportées par le RHDP qui affirme ainsi son implantation sur tout le territoire national alors que le PDCI-RDA, dans ses errements, n’a pas été capable de présenter des candidats dans 96 circonscriptions communales ni dans 12 circonscriptions Régionales.

C’est cela la réalité du terrain.

« Le PDCI-RDA est mal placé pour parler de pression, d’humiliation et de chantage exercés sur des candidats »

Je voudrais à présent me pencher sur certaines accusations proférées par des cadres et dirigeants du PDCI-RDA qui dénoncent des actes de chantage, des pressions, des intimidations ou des achats de conscience exercés sur des élus au PDCI-RDA pour les contraindre à rallier le RHDP après leurs victoires. Certains ont même parlé de « terrorisme intellectuel ».

Là encore je voudrais m’inscrire en faux, parce que d’une part, le PDCI-RDA n’apporte pas la preuve de ces prétendues pressions ou de ces actes de chantage. Je pense qu’il est même insultant de faire prospérer de tels arguments. Tous les élus qui ont accepté de rallier le camp RHDP l’ont fait en toute conscience et volonté.

Au demeurant, le PDCI-RDA est mal placé pour parler de pression, d’humiliation et de chantage exercés sur des candidats.

Rappelez-vous qu’avant les élections municipales et régionales, le PDCI-RDA s’est dressé contre la volonté de certains candidats qui ont souhaité compétir en RHDP. Ces hauts cadres ont été soumis à un interrogatoire des plus humiliants. Ils ont été convoqués au domicile du Président Henri Konan Bédié, sis à Cocody, devant un « tribunal » composé du Président Bédié, lui-même, de Monsieur Guikahué et de Monsieur N’Dri Narcisse pour leur demander de choisir leur camp entre le PDCI-RDA et le RHDP. Là, personne n’a parlé de pressions et d’intimidations.

Je voudrais aussi faire observer qu’avant même les élections, des candidats investis par le PDCI-RDA sont allés remettre leur investiture au candidat du RHDP de la localité et se mettre à la disposition de ces derniers. Cela a été le cas pour Didievi.

Je voudrais également faire remarquer qu’après le scrutin, le PDCI-RDA a essayé de démarcher certains candidats indépendants pour leur demander de rejoindre ses rangs. Des exemples existent. Et nos adversaires savent de quoi je parle.

Alors, pourquoi quand le RHDP reçoit sans parfois demander des ralliements, on parle de débauchages ou d’achats de conscience ? Le PDCI-RDA aurait-il des droits que le RHDP ne devrait pas avoir ? Si nous avons enregistré plus de succès à ce niveau, c’est que notre projet de rassembler tous les Ivoiriens, conformément à la vision du Président Félix Houphouët-Boigny, a convaincu et je demanderais au PDCI-RDA d’apprendre à rester digne dans la défaite plutôt qu’à chercher la queue du diable partout.

Chacun doit avoir le courage d’accepter ses résultats et d’assumer ses choix.

Au lieu de cela, le PDCI-RDA taxe le RHDP et son Président d’ingratitude.

Que non ! Il n’y a pas d’ingratitude du côté du RHDP, encore moins de son Président.

Il y a que le PDCI-RDA et son Président ont fait un mauvais choix politique en ignorant l’intérêt supérieur du pays, pour se mettre dans la posture d’opposant au régime. Ils doivent l’assumer sans jérémiade ni acrimonie

Mesdames et Messieurs les journalistes, sur la réforme de la CEI, le RHDP s’insurge contre la mise en doute ou la falsification de la parole du Chef de l’ETAT.

Le Chef de L’ETAT a été clair dans son message à la nation du 6 aout 2018, en indiquant que la réforme de la CEI interviendra avant la présidentielle de 2020 mais pas avant les élections locales du 13 octobre 2018.

Le Président Alassane Ouattara est un homme de parole. Un homme qui fait ce qu’il dit. Il n’est pas coutumier des rétractations observées au PDCI-RDA.

Quand vous rompez unilatéralement une alliance politique vieille de 13ans à 2 mois d’une échéance électorale, vous ne pouvez pas vous prévaloir de votre propre turpitude, pour faire payer le prix de votre ambition égoïste, à vos anciens alliés restés loyaux.

« Le Président Alassane Ouattara n’a pas favorisé les régions du nord au détriment des régions du sud »

S’il est un autre sujet qui a défrayé la chronique, au sein de la classe politique c’est bien celui du découpage électoral, que le Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA, Chargé de la Propagande qualifie de « complaisant » et « favorable au pouvoir actuel ».

Il est surprenant que des intellectuels de ce niveau puissent avancer de tels propos, faire des affirmations aussi graves, sans procéder aux vérifications les plus élémentaires, en ce qui concerne un sujet aussi sérieux et délicat que le découpage électoral.

Pour mémoire, je voudrais rappeler une bonne fois pour toutes à ces anti-RHDP que depuis l’avènement au pouvoir du Président Alassane OUATTARA en 2011, seules quatre (04) communes ont été créées. Ce sont les communes d’Attiégouakro, de Gbéléban, de N’Douci et d’Assinie.

Attiégouakro et Gbélébanconstituaient jusqu’alors les seuls chefs-lieux de Département qui n’étaient pas encore érigés en commune. Il fallait corriger cette insuffisance.

Quant à N’Douci et Assinie, ce sont des pôles touristiques et économiques actifs dont l’érection en communes urgeait pour assurer une promotion plus efficiente de leurs potentialités.

D’où vient donc cette accusation selon laquelle le Président Alassane Ouattara aurait favorisé les régions du nord au détriment des régions du sud ?

Bien au contraire, le Président Alassane Ouattaraa supprimé 1 126 entités décentralisées communales créées de 2001 à 2010, par son prédécesseur, en considération de plusieurs insuffisances constatées et liées essentiellement :

– à la taille de la population ;

– au potentiel de développement économique ;

– aux problèmes de rattachement de villages ou de quartiers, fautes d’études géographiques et socioculturelles poussées ;

– au manque de ressources nécessaires ;

– au recrutement et à la mise à la disposition du personnel minimum d’encadrement ;

– au fait que la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) que l’Etat met à la disposition des collectivités territoriales ne pouvait supporter de charges supplémentaires.

Ainsi, le paysage communal est ramené dans sa structuration à cent quatre-vingt-dix-sept (197) Communes.

Les piques d’Adjoumani contre Billon et Guikahué

Mesdames et Messieurs les journalistes, où est donc la vérité quand le Messieurs Billon et Guikahué affirment que 69 communes ont été créées au nord pour une population de 467 000 personnes contre seulement 28 communes au sud pour 2 000 000 d’électeurs ?

Pour rappel, il faut noter que soixante et une (61) communes ont été créées en 1995, sous le régime du Président Henri Konan Bédié,portant le nombre de commune à 196. Ce nombre va être porté à cent quatre-vingt-dix-sept (197) en 1998 avec, notamment, l’érection du village de Mayo en commune.

« Le RHDP doit répondre à cette confiance du peuple pour emporter son adhésion en 2020 »

En conclusion de mon propos liminaire, je voudrais me réjouir du contrat de confiance que le RHDP vient de passer avec la grande majorité du peuple de Côte d’Ivoire.

Le RHDP doit répondre à cette confiance du peuple pour emporter son adhésion en 2020.

Nous en avons les hommes, les femmes et les jeunes, les arguments et les moyens, sous la très haute autorité du Président du RHDP, le Président de la République S.E.M Alassane Ouattara. Nous en prenons l’engagement aussi.

Je félicite à nouveau nos élus ainsi que les frères et sœurs qui nous ont rejoints et je les invite à se mettre immédiatement au travail pour servir leurs électeurs et servir le développement de la Cote d’Ivoire dans la paix.

Je vous remercie de votre aimable attention et me tiens à votre disposition pour répondre aux questions que voudrez bien me poser.

Fait à Abidjan le mardi 06 novembre 2018

Le Porte-parole du RHDP

Le Ministre KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI

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