Mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon/Quand l’enquête piétine toujours

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Le 2 novembre 2013, Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient enlevés puis assassinés à Kidal dans le nord du Mali en plein reportage. 07 longues années après, un des commanditaires et deux des ravisseurs présumés courent toujours. En 2019, RFI avait révélé que les forces spéciales françaises avaient tenté de poursuivre les ravisseurs. Une information confirmée pour la première fois cette année par un officier français.

Il y a sept ans jour pour jour, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journaliste et technicien à Radio France Internationale, étaient enlevés et assassinés à Kidal alors qu’ils étaient en reportage dans cette ville du nord du Mali. Un acte revendiqué par al-Qaïda au Maghreb islamique.

Depuis, l’enquête a connu bien peu de rebondissements. Le dernier en date est la déposition d’un militaire français, présent à Kidal ce jour-là. Après les révélations de RFI à l’été 2019, cet officier a confirmé au juge d’instruction, en juin dernier et pour la première fois, la présence des forces spéciales sur place. Il dirigeait le détachement qui a officiellement découvert les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Dans une audition dont RFI a pu avoir connaissance, cet officier français confirme au juge la présence à Kidal, ce jour-là, d’« une dizaine » de soldats des forces spéciales. Ce qu’il n’avait pas mentionné lors de sa première déposition.

Selon lui, ces forces spéciales ne faisaient à Kidal que du renseignement, étaient très mal équipées – « des véhicules civils très légers », un autre « sans blindage et sans arme lourde à l’exception d’une mitrailleuse 12-7 » –, au point de ne même pas être en mesure d’assurer leur propre sécurité. Elles recouraient donc régulièrement aux services des troupes conventionnelles.

D’autres sources militaires françaises confirment la mission de ces forces spéciales – être au contact des chefs touaregs qui contrôlaient alors Kidal – mais rappellent également leur spécificité : ils sont des soldats d’élite capables de réagir en toute situation.

Plusieurs autres sources, présentes à Kidal dans le même camp que les soldats des forces spéciales, confirment à RFI que ces hommes n’étaient pas très nombreux, mais assurent en revanche qu’ils disposaient de véhicules blindés, d’armes lourdes et qu’ils étaient en capacité d’agir de manière autonome.

Contradictions

En tout état de cause, ce 2 novembre 2013, l’officier français entendu par la justice ne cache pas que les forces spéciales ont tenté de réagir au plus vite. Mais selon lui, leur action s’est limitée à poursuivre un véhicule qui s’est avéré ne pas être le bon – « une fausse piste ».

Selon ce témoignage, au moins vingt minutes s’écoulent entre le moment où le chef des forces spéciales est alerté et celui où il prévient les troupes conventionnelles, pourtant seules, selon ses dires, capables de tenter quelque chose. Ce témoignage interpelle donc : comment comprendre que ces soldats d’élite aient tenté d’intervenir alors que l’officier ne cesse, dans son récit, de minimiser leur importance à l’époque à Kidal ?

Face à ces contradictions, une audition du commandant Charles, qui dirigeait à l’époque les forces spéciales sur place, pourrait permettre d’y voir plus clair.

Avec Rfi

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