Double assassinat de l’institutrice et son fils à Gbatongouin/La colère noire du préfet de Man

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Kéké Loyoh Christelle, institutrice à l’EPP Gbatongouin et son fils de 7 ans ne sont plus de ce monde, l’acheminement assassinés par un de ses collègues de la même école en cavale. Ce double assassinat provoque la colère du Préfet de région du Tonkpi, préfet du département de Man, Womblégnon Célestin qui a évoqué la possibilité de l’interpellation de plusieurs enseignants de l’Epp Gbatongouin, dans le cadre de l’enquête ouverte.

En effet, ce mardi 21 novembre 2023, de nombreux enseignants de Man, ont manifesté leur colère et indignation à travers une marche pacifique qui a eu pour couronnement la préfecture de Man.

Recevant les marcheurs, le Préfet Womblégnon Célestin, à traduit sa compassion aux enseignants de la Région du Tonkpi et à l’ensemble de la famille de l’éducation nationale de Côte d’Ivoire.

C’est un préfet amer cachant difficilement sa colère qui dans son adresse aux enseignants, il a révélé que certains enseignants de l’Epp Gbatongouin pourraient être interpellés pour nécessité d’enquête.

‘’Ne soyez pas surpris si demain ou dans les heures qui viennent qu’on interpelle les enseignants de cette école-là’’, a-t-il prévenu.

L’intégralité du message du Préfet. Il compatit, s’interroge, accuse rassure et promet rigueur et fermeté dans le traitement de cette affaire.

‘’Je voudrais, au nom du Président de la République, au nom du ministre de l’Intérieur, au nom de Madame la ministre de l’Education Nationale, traduire ma compassion à l’ensemble des enseignants de la région du Tonkpi et au-delà, à l’ensemble des enseignants de Côte d’Ivoire, qu’ils soient du primaire ou du secondaire.

Nous avons appris effectivement la tragique nouvelle de l’assassinat de votre collègue. Et depuis hier, lorsque l’information a été donnée, la police et la gendarmerie ont immédiatement entrepris des enquêtes. Elles sont bien menées et elles sont en passe d’aboutir. Ce que je voudrais vous dire, ne noyons pas ce crime-là dans le flot de l’insécurité générale que vous avez dénoncée.

Ce qui s’est passé à Gbatongouin est très grave. Les premières informations relèvent que c’est un enseignant qui aurait fait ça. Est-ce normal qu’un enseignant ôte la vie à une enseignante ? Est-ce normal qu’un être humain soit assassiné et que dans le voisinage personne n’ait rien entendu.

Je suis plus révolté que vous-mêmes. Je suis plus révolté que vous. C’est une situation qui dépasse tout entendement humain. Même un poulet, lorsqu’on l’attrape, il crie, il se débat et on vient voir ce qui se passe.

Selon les informations qui me sont parvenues, la maison n’est pas aussi isolée que ça. Il y a des habitations voisines. Quelle que soit l’heure, même en pleine nuit, on entend un cri de détresse, on va secourir la personne. Je ne suis pas content des enseignants de ce secteur-là. Je ne suis pas content des enseignants de cette école. Et c’est mon que je traduis ce matin vis-à-vis de vous qui êtes là.

Il a des amis parmi vous certainement. Il a des collègues parmi vous certainement. Donnez-nous toutes les informations pour que nous puissions mettre la main sur lui. Depuis hier, on le localise à certains endroits. Et Dieu merci, la technologie a tellement évolué qu’on pourrait le prendre d’ici quelques heures.

Mais laissez-moi vous dire quels que soient les événements ou les faits qu’il va évoquer, rien ne justifie ce meurtre gratuit. Une dame enceinte, avec un enfant de 7 ans, mais où va ce monde ? C’est une cruauté extrême.

Je vous vois vêtis de noir, c’est vrai, mais notre douleur est plus grande que la vôtre. Depuis hier que vous avez l’information, cette dame-là n’a pratiquement pas mangé. J’ai refusé de voir les photos parce que c’est atroce.

Soyez forts, soyez fortes. Ce qui est arrivé est abject, abominable. C’est pourquoi, il est important que désormais, des soient prises même au niveau du recrutement. Qu’il y ait des enquêtes de moralité. L’enseignement est un métier noble. N’est pas enseignant qui veut. Est enseignant qui peut. On ne vient pas à l’enseignement lorsqu’on a échoué ailleurs. On ne vient pas à l’enseignement lorsqu’on est un renégat de la société. On vient à l’enseignement par passion, on vient à l’enseignement par vocation. C’est pourquoi je suis militant de ce qu’il y ait une enquête de moralité sur toute personne qui voudrait être enseignante.

Chers amis, faites-nous confiance. Les enquêtes se poursuivent très bien. Hier j’ai eu le Procureur de la République, j’ai eu le préfet de Police, j’ai eu les commandants de légion. En parfaite symbiose, nous allons mener ces enquêtes pour qu’elles aboutissent favorablement et que ce monsieur-là soit pris. Je vous le rassure et je vous l’assure, il sera pris.

C’est pourquoi j’en appelle à votre collaboration. Si par chance, il contacte l’un d’entre vous, mettez-le en confiance et donnez-nous l’information. Quelquefois, dans ce genre de situation, le criminel laisse beaucoup de traces. Si vous avez connaissance de telles traces aussi, informez-nous. Les dernières personnes à l’avoir vu, les différents endroits où il a été vu, qu’est-ce qu’il a fait ? On a besoin de toutes ces informations.

Depuis hier, j’ai dit cela à madame la Dren. J’ai dit qu’on ne peut pas tuer deux personnes et être seul. Ce n’est pas possible. C’est mon intime conviction. Je peux me tromper, mais ça veut dire qu’il y a des complices. Quand on nous explique les faits. Parce qu’égorger la dame, égorger son enfant, ce sont des actes plus ou moins simultanés. Mais on fait l’un avant l’autre ou l’un après l’autre. Et une personne adulte, même si c’est une femme, elle a un peu de force lorsque le danger de mort est là. Et donc tous ceux qui seront complices seront châtiés. Tous ceux qui seront complices seront pris et vont répondre de leurs actes devant la justice.

Ne soyez pas surpris si demain ou dans les heures qui viennent qu’on interpelle les enseignants de cette école-là. On pourra les interpeler pour audition, pour nécessité d’enquête. Demain, ne venez pas nous dire qu’on ne va pas travailler parce qu’on arrêté nos amis. Non, non, non. Je vous le dis en même temps. Vu la gravité des faits, vu les circonstances, on doit élargir l’enquête. Ceux-là aussi on doit les entendre, on doit les auditionner.

Mes chers amis, merci d’être venus. Recevez toute ma compassion et recevez tout mon soutien. A toutes les étapes des obsèques, nous serons à vos côtés. En pareille circonstance, ce qu’il faut, c’est un accompagnement psychologique. Et donc madame la Dren si les cours peuvent être bafqués aujourd’hui, c’est une bonne chose pour que les enseignants fassent leur deuil. Ils vivent un moment difficile. Chacun d’entre aux aurait pu être cette dame-là. Que ce soit un homme ou une femme, chacun aurait pu être à la place-là. Nous avons des enfants qui sont des vôtres, nous avons des frères, des amis et autres. Cela est vraiment terrible pour nous tous. Soyez forts ! Relevons-nous et ensemble menons les enquêtes pour qu’elles aboutissent. Je vous remercie’’.

Rogard Lagnon, Envoyé spécial à Man

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