Remaniement ministériel/Rien qu’un simple jeu démocratique

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Ivory Coast's President Alassane Ouattara salutes as he reviews an honour guard, during a parade to commemorate the country's 57th Independence Day, at the presidential palace in Abidjan, Ivory Coast August 7, 2017. REUTERS/Luc Gnago - RC1332F9DF60

Un remaniement ministériel est une pratique démocratique.

Il est une pratique courante, dans les grandes démocraties, de procéder à un remaniement ministériel au lendemain d’élections législatives ou locales. C’est même, très souvent, qu’un ministre défait à une élection s’empresse de remettre sa démission. La Côte d’Ivoire n’a probablement pas encore atteint ce niveau de culture démocratique.

Bientôt un remaniement ministériel

Plus de deux semaines, aujourd’hui, que les municipales et régionales couplées se sont tenues sur l’ensemble du territoire sans qu’aucun signe de « remaniement ministériel » se fasse sentir. « Il est vrai que l’annonce a été faite par le président de la République. Mais il ne faut pas perdre de vue le contentieux électoral et ses résultats à venir », glisse un conseiller très écouté du chef de l’État. Le remaniement ministériel devrait, selon ce fin connaisseur de la politique ivoirienne, intervenir après la fin « totale » des élections. Cela suppose que le contentieux électoral ait été vidé et le scrutin repris dans les circonscriptions où l’élection du 13 octobre n’aura pas été validée. Notre source situe le remaniement « probablement pour décembre, avant les fêtes, ou, dans le pire des cas, début janvier ».

Le prochain remaniement revêt un caractère important dans la mesure où il pourrait s’agir du dernier gouvernement avant la présidentielle de 2020. Deux critères devraient présider à sa composition : l’acceptation du parti unifié Rhdp et le résultat obtenu aux élections locales. Sur le premier critère, presqu’aucun membre du gouvernement Gon 3 n’a de souci à se faire : tous ont accepté le parti unifié Rhdp, à défaut d’y militer. Le second critère, en revanche, a de quoi troubler le sommeil de quelques membres de l’actuel gouvernement, candidats malheureux aux élections du 13 octobre. Sur cette base, Jean-Claude Kouassi, tête de liste Rhdp, au scrutin régional dans le Gbêkê, est en mauvaise posture. Il a perdu l’élection face à Jacques Mangoua, Pdci-Rda, vainqueur, selon la Commission électorale. Selon nos informations, le Rhdp n’a pas introduit de recours en ce qui concerne l’élection dans le Gbêkê ; ce qui suppose que le résultat devrait rester inchangé.

A Port-Bouet, Fofana Siandou, tête de liste Rhdp, est un ministre en sursis. Le scrutin municipal, sauf cataclysme, sera repris dans cette commune au sud-est d’Abidjan. Et le jeu s’annonce très serré face au candidat du Pdci-Rda, Sylvestre Emmou.

Il faut note qu’à l’issue des élections législatives du 18 décembre 2016, Alassane Ouattara avait formé un nouveau gouvernement. Il avait alors mis à l’écart tous ceux des ministres qui n’avaient pas remporté le siège à l’Assemblée nationale. Ils étaient, en tout, trois : Affoussiata Bamba-Lamine, défaite à Cocody par une indépendante, Yasmina Ouégnin ; Allah Kouadio Rémi, battu à Toumodi commune par Richard Alloco (indépendant), et Anzoumane Moutayé, qui avait mordu la poussière à Kouassi-Datékro face à l’indépendant Sonan Donald Jean- François.

Mercredi 12 juillet 2017, Alassane Ouattara limogeait Niamien N’goran, à la tête de l’Inspection générale d’État, une des principales institutions de la République. Le proche de Henri Konan Bédié aurait payé pour sa défaite aux législatives de décembre 2016, dans la circonscription de Daoukro, face à un indépendant encarté Pdci, Olivier Akoto. Le Pdci-Rda avait vite fait d’y un règlement de comptes. Ce qui dans les démocraties modernes n’est qu’un simple principe démocratique.

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